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Ce que je sais de Tariq Ramadan…

Cela fait des mois que mon téléphone sonne pour à peu près la même demande :

Que pensez-vous de l’affaire Ramadan ?

N’étant ni juge, ni policier, ni témoin, ni avocat, je n’ai pas grand chose à en penser qui dépasse l’opinion d’un citoyen lambda. Etant en retrait de la vie publique depuis quelques mois pour m’occuper de mes proches et travailler sur mes projets futurs, je m’étonne d’être pressé de questions et d’injonctions, exigeant de moi, entre la préparation du goûter et le suivi des devoirs, tantôt que je « condamne », tantôt que je me « positionne ». Merci, ça va bien, et vous ? Les 364 autres jours de l’année, les mêmes qui se fichent complètement du patient et laborieux travail de terrain des associations et des acteurs de la société civile, sont subitement dans une indépassable urgence dès qu’il s’agit de participer, qui au lynchage médiatique, qui a la défense passionnelle et inconditionnelle de Tariq Ramadan, sans même avoir accès au dossier. Ma boite mail buzze avec des alertes Google listant des articles où je suis cité, entre des spéculations débiles que je n’essaie même plus de démentir et le flot habituel des névroses médiatiques liées à l’islam.

J’ai horreur d’être pris en otage, de subir des injonctions ou des pressions de ce type, encore plus lorsque je n’ai rien à dire de décisif. Mais à mesure que cette affaire se développe et s’aggrave, il y a une question de conscience qui se pose, notamment depuis que Tariq Ramadan a été mis en détention et que les témoignages des victimes présumées ont été précisés. Cette question de conscience m’interroge cinq fois par jour et plus encore, avec une double exigence :

Ne pas être injuste envers les victimes présumées, dans l’hypothèse où elles disent vrai.

Ne pas être injuste envers Tariq Ramadan, dans l’hypothèse où il est innocent.

Je vois bien le désarroi dans lequel se trouvent de nombreuses personnes pour qui cette affaire est cause de tristesse, de doute et d’anxiété (j’en ai ma part aussi, je l’avoue). Je vois aussi le niveau pathétique que l’on atteint, quand des journalistes en sont réduits à se poster à la sortie des mosquées, non pas pour recueillir le sentiment des fidèles quant à leurs aspirations et à leurs opinions (pour cela, on demande plutôt à Gilles Kepel, Jean Pierre Chevènement et autres premiers concernés… par l’oreille du Président), mais pour leur arracher une phrase concernant la mise en cause de l’une des personnalités musulmanes les plus largement respectées, dans de sordides affaires de viol.

Donc je me suis attelé à un exercice difficile. Mais bien moins que de témoigner lorsqu’on a été victime de violences, ou de subir injustement la mise en cause et la prison, lorsqu’on clame son innocence : tenter de porter un diagnostic rationnel, humain et équilibré sur cette affaire, en élargissant le scope d’analyse d’une part à la question des violences sexuelles, d’autre part à celle du traitement des musulmans.

 

Prendre en charge avec sérieux les victimes d’agressions sexuelles

Déformation professionnelle : je pars en général des témoignages fournis par les victimes présumées, avant de consulter les faits et les chiffres, pour comprendre les logiques d’ensemble. Dans cette affaire, elles sont deux à déposer plainte (même si leurs avocats annoncent que d’autres femmes produisent des témoignages similaires) : Henda Ayari et « Christelle » (un prénom d’emprunt que lui ont accolé des médias). Que nous disent-elles ?

D’abord, le témoignage de Christelle est tout simplement bouleversant. Il faut lire et relire la recension qu’en fait Marion Van Renterghem, dans Vanity Fair. Autant, je trouve injuste l’analyse politique qui y est faite, du point de vue du portrait islamiste, complotiste, antisémite et des généralisations qui en sont tirées, à travers l’accusation portée à l’encontre de Tariq Ramadan, autant je pense qu’il faut s’arrêter sur ce témoignage pour comprendre, de manière plus générale, ce que représente un viol, surtout en se plaçant du point de vue des victimes.

Pour avoir à plusieurs reprises travaillé durant les dernières années sur des dossiers de violence sexuelle lourde et recueilli des témoignages de victimes dans mon entourage le plus proche, je peux dire que le viol est une monstruosité dont la seule constance est d’avoir, à travers les âges, les cultures et les appartenances, été passé largement sous silence. Il faut entendre ce silence puis le briser. Il faut voir les traces de sperme que les victimes cherchent encore, même après des heures à les frotter sous la douche, parfois jusqu’au sang. Il faut ressentir la honte et l’humiliation, qui tordent le cœur et hantent l’esprit des victimes, avec ces questions qui reviennent sans cesse dans les témoignages : Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Peut être que j’aurais dû dire ceci, ne pas faire cela, m’habiller autrement, me tenir autrement, ne pas être là, ne pas être moi. Ou bien était-ce juste un terrible cauchemar ? Ça ne s’est jamais passé… Il faut vivre la rémanence des coups, même quand les bleus ont disparu, des années après. Il faut affronter le miroir, tous les jours. Il faut supporter le silence familial, quand 80% des coupables de viol sont des proches. Il faut endurer l’impunité, quand 98% des viols n’aboutissent à aucune sanction. Il faut (ré)apprendre à aimer quelqu’un, pour de vrai. Se croire suffisamment digne pour le mériter et le choisir. Apprendre à se respecter et peut-être, avoir le courage de témoigner un jour. Pour changer les choses. Ou ne serait-ce que pour soi-même.

C’est cette réalité du viol dans nos sociétés qui fait que les témoignages de victimes, lorsqu’elles se déclarent, ne doivent pas être pris à la légère. L’écrasant sous-report des violences sexuelles ne peut évoluer que si cette parole est traitée à priori avec bienveillance et écoute, notamment auprès des services de police.

Au passage, et de manière beaucoup plus générale sur la condition des victimes, ce type de situation interroge notre conscience. Comme je le disais plus haut, les violences sexuelles transcendent les barrières géographiques, sociales, politiques, économiques, culturelles, religieuses et temporelles. Par conséquent, elles représentent une constante injustice qu’il nous faut collectivement adresser. Il n’y a malheureusement pas d’exception musulmane face à cette réalité. Pas de « problème musulman » qui justifierait un traitement ethno-culturel voire religieux des violences sexuelles, pas plus qu’il n’y a « d’immunité musulmane » qui préserverait les communautés religieuses d’un problème qui touche toutes les sphères de la société.

Ce qu’ont traversé les communautés catholiques pendant des générations, avec la parole de centaines de victimes réduite au silence, sous pression religieuse et familiale, doit nous permettre collectivement de tirer des enseignements, quelle que soit notre appartenance, en offrant une écoute attentive et bienveillante à ceux et celles qui, demain, nous ferons suffisamment confiance pour nous dire ce q’ils et elles ont vécu.

Il faut accueillir les victimes, les écouter, les entendre, puis patiemment démêler les témoignages dans le seul soucis d’établir les faits. Les victimes nous interrogent aussi sur la distance entre nos actes et nos discours, sur l’intégrité de nos messages et de nos comportements, ainsi que sur la notion même de pouvoir. En faisant un pas vers la vérité, on fait toujours un pas vers la justice.

 

Venons-en aux faits…

Maintenant revenons aux deux plaintes pour viol qui visent Tariq Ramadan.

L’une émane de Henda Ayari, l’autre de « Christelle ».

Question très concrète : est-ce que la personnalité de Henda Ayari ou ses idées portent préjudice à son témoignage ?

Non.

Le fait qu’elle soit devenue, au fil des dernières années, une égérie des groupes les plus islamophobes du pays, à mon sens (du moins, je l’espère) moins par adhésion à leurs idées que par circonstance, ne fait pas d’elle, à priori, une menteuse.

Le fait qu’elle ait varié de manière répétée dans ses opinions et ses témoignages tous azimuts sur la laïcité, sur l’islam, sur le foulard, sur la république, sur la politique et autres thèmes qui agitent de manière cyclique les réseaux sociaux, au pire, porte préjudice à son intégrité et à sa cohérence sur le plan strictement intellectuel, mais ne remet pas en cause non plus le crédit qu’il faudrait accorder à sa plainte.

Sans me risquer à un diagnostic clinique dont je n’ai pas la compétence et sans vouloir lui faire offense ou injustice le moins du monde, j’ai parfois juste l’impression que Mme Ayari se cherche et a malheureusement évolué dans une constante précarité sur tous les plans, ce qui la rend vulnérable et l’expose à toutes sortes de personnes qui voudraient l’instrumentaliser, passant des courants les plus rigoristes de l’islam aux positions les plus hostiles, diamétralement opposées, ou de l’anonymat à l’exposition médiatique constante, avec le flot de positions tranchées et parfois hostiles qu’elle suscite.

Là encore, rien de cela ne permet à priori de mettre son témoignage en cause.

A ce propos, les insultes, menaces et invectives dont elle a fait l’objet dès que cette affaire a été mise sur la place public sont des plus condamnables, au sens propre (juridiquement) comme au figuré (sur le plan moral et humain). Rien ne justifie un tel déferlement de propos injurieux et dégradants à son égard. Et si certains de ces propos ont été tenus en défense de Tariq Ramadan, il eût été utile de renvoyer leurs auteurs vers les écrits de celui qu’ils disent ainsi soutenir, qui dénoncent avec la plus grande fermeté de tels agissements.

Par contre, dans les éléments qui ont été produits, à la fois par les avocats de Mme Ayari et par ceux de M. Ramadan, il y a un certain nombre de points qui interrogent : Mme Ayari semble incapable de dater le viol dont elle fait état. Elle ne s’est pas manifestée à la confrontation organisée par les enquêteurs, alors même que M. Ramadan s’est présenté librement à la justice. Par ailleurs, elle a régulièrement écrit à M. Ramadan, après les faits présumés, sans qu’à aucun moment des actes d’hostilité ne soient évoqués, ni même que cela n’empêche Mme Ayari de formuler des avances explicites à M. Ramadan, longtemps après les faits reprochés.

Cela rend difficile la manifestation de la vérité et ne donne pas un caractère probant aux déclarations de Mme Ayari.

La seconde victime présumée, Christelle, offre cette fois un témoignage très circonstancié et précis. C’est la nature jugée suffisamment factuelle, constante et crédible de ce témoignage, confirmé lors d’une confrontation avec Tariq Ramadan, qui a conduit la justice à le mettre en examen, tandis que M. Ramadan contestait avec une constance égale les faits qui lui étaient reprochés.

Cette fois, il a été évoqué, comme éléments probants, des messages à teneur sexuelle et une cicatrice du professeur Ramadan, qui n’aurait été visible que dans l’intimité, tandis que le témoignage de « Christelle » pourrait être sérieusement mis en cause… par les lois de la gravité : à l’heure des faits présumés (« dans l’après midi », « alors qu’il faisait jour », selon son témoignage), la défense produit une réservation de billet d’avion qui, si elle est valide, indiquerait que Tariq Ramadan n’était tout simplement pas à Lyon (disposant d’un billet au départ de Londres et le faisant atterrir à 18h35 à Lyon).

Problème : cet élément majeur dans la défense de Tariq Ramadan, puisqu’il peut le disculper, a tout simplement « disparu » pendant une partie de l’enquête et n’a fait l’objet d’aucun questionnement contradictoire lors de la confrontation.

Autre problème : l’implication de Caroline Fourest, qui a été en contact avec Christelle et aurait cherché à déclencher, par intervention directe auprès d’un juge de sa connaissance, une procédure judiciaire. Quand on connait la haine viscérale que voue Mme Fourest à M. Ramadan et ses tentatives répétées de le mettre en cause et de l’écarter du débat public par tous les moyens, parfois en prenant de larges arrangements avec la réalité, il est permis de douter qu’elle fût animée par la seule volonté de contribuer à la manifestation de la vérité.

Par conséquent, là encore, il est difficile d’établir clairement les faits.

J’ai évoqué plus haut le témoignage de Christelle, qui à titre personnel m’a profondément ému, tant il résonne avec des témoignages avérés de viol et d’agressions sexuelles, auxquels j’ai pu avoir accès. Par ailleurs, ses certificats médicaux et des photos de cette période établissent qu’elle a subi des violences physiques. Reste à déterminer si Tariq Ramadan en est l’auteur et si les faits se sont déroulés comme elle le relate. Ils seraient, en plus de leur extrême gravité, impardonnables sur le plan moral.

En réalité, je ne sais tout simplement pas ce qui s’est passé dans ces chambres d’hôtel.

Et je n’ai pas besoin de le savoir. Pour une raison simple : il revient aux juges de l’établir avec certitude. Or notre système de justice (lorsqu’il fonctionne en conditions normales) est précisément conçu pour ce type de situation, en prévoyant deux axes d’investigation qui s’équilibrent :

D’une part on doit accueillir et prendre en compte, avec le plus grand sérieux, le témoignage de victimes qui se déclarent.

D’autre part, on doit veiller au strict respect de la présomption d’innocence des personnes mises en cause (spoiler : y compris lorsqu’il s’agit de Tariq Ramadan).

 

Ce que l’on sait de Tariq Ramadan

Mais au delà de la précaution juridique essentielle que constitue la présomption d’innocence (dont nous verrons plus loin comment elle fut avec constance piétinée depuis le début de cette affaire), que peut-on dire de Tariq Ramadan ?

Apparemment un tas de chose et une seule, à en juger par le flot constant et unanime des articles produits sur lui depuis le début de ces affaires. Ce monologue collectif est parfaitement résumé par Manuel Valls : « Tariq Ramadan est un ennemi de la République et de ses valeurs, un adversaire de ce que la France incarne. » A cela près que Manuel Valls confond ici la République, la France, ses valeurs et sa propre personne. Ainsi et avec une constance confinant au mouvement perpétuel, le petit rien se prend pour le grand tout, soit à peu près le titre prémonitoire de la seule biographie qui lui vaudra (tardivement, certes) l’unanimité.

Donc, à propos de Tariq Ramadan…

Je ne peux dire que ce que je sais de lui, pour avoir lu quelques uns de ses livres, écouté certaines de ses conférences quand j’étais plus jeune et l’avoir rencontré à plus d’une dizaine de reprises, en « ON » (lors de conférences et d’évènements publics) comme en « OFF » lors de réunions de travail ou d’entretiens informels. En conscience, ce qui est dit de lui dans une partie de la presse est tout simplement mensonger. Les accusations portées contre lui sont à des années lumières de la personne que j’ai côtoyée et que ses proches décrivent avec constance.

Je n’ai jamais entendu Tariq Ramadan parler de quelque volonté conquérante de l’Islam et des musulmans, sur la France ou sur l’Europe. Au contraire, je l’ai entendu à maintes reprises expliquer que les musulmans devaient dépasser leur condition minoritaire pour se soucier aussi de ce que nos peuples vivent, au delà des appartenances culturelles et religieuses de chacun.

Je n’ai jamais entendu Tariq Ramadan faire le moindre commentaire antisémite (j’ai bien dit le moindre). Il porte une critique acerbe sur la politique israélienne, c’est clair. Ce faisant, il a toujours soutenu une démarche de libération pour les Palestiniens, en ligne avec le droit international et toutes les mobilisations pour l’autonomie des peuples et la dignité. Il critique le projet sioniste, dans sa dimension politique et coloniale, mais il n’a à mon sens jamais confondu la critique politique de ce que fait Israël et la stigmatisation ou la diabolisation des Juifs, même si certains de ses supporteurs pouvaient, à la marge, franchir cette ligne, consciemment ou non.

Je n’ai jamais entendu Tariq Ramadan tenir des propos sexistes. Il est le théologien qui a été le plus critiqué pour ses interprétations quant à la place et aux responsabilités que pouvaient prendre en charge les femmes. Partisan d’une égalité totale des droits des hommes et des femmes, je l’ai vu imposer des changements à des organisateurs ou modifier des projets, pour que la parole de celles-ci soit dûment et clairement entendue, puis qu’elles soient en situation de responsabilité sur des projets d’ampleur, notamment (et surtout) lorsqu’elles sont les premières concernées par le sujet. Plus que des discours, c’est également la manière dont ils ont, avec son épouse, éduqué leurs enfants.

Sur cette question comme sur d’autres, la démarche de Tariq Ramadan est d’avoir une visée progressiste, tout en cherchant à réformer l’approche que les musulmans ont de leurs références, sans jamais trahir le texte. Il est convaincu que quand les sciences islamiques et les sciences dites « profanes » se parlent, quelque chose de bon en ressort. C’est ce qu’il qualifie de « réforme radicale », à la fois dans la place qu’occupent les finalités, mais également dans la manière de construire le savoir et les idées, du point de vue strictement épistémologique. Cela lui a valu à la fois la critique des plus « progressistes », qui voyaient en lui un timoré, voire un conservateur en mocassins, alors qu’eux-mêmes voulaient en quelque sorte plier le texte à l’instant, leur notion de la modernité commandant que les normes islamiques se soumettent aux injonctions politiques du moment ; Mais également celle des plus « traditionalistes » qui, même lorsqu’ils étaient conscients que les normes islamiques étaient temporellement et géographiquement évolutives, voyaient comme un danger la trop libre interprétation qui pouvait être faite des sources, au risque de perdre l’essence du message originel de l’islam.

Concilier ces visions, c’est le défi que Tariq Ramadan s’était fixé en fondant le CILE, même s’il aura, rétrospectivement, plus dû batailler pour défendre l’intégrité et l’indépendance opérationnelle, idéologique et politique du centre vis à vis du Qatar, plutôt que pour communiquer et rendre accessible la teneur des débats qui y étaient tenus, en les connectant notamment à ce qui se disait et se faisait ailleurs. Mais comment aurait-il pu le faire, alors même que, dans les autres espaces où auraient pu avoir lieu ces débats (notamment en Egypte, en Arabie Saoudite, en Europe…), les conditions politiques et géopolitiques rendaient difficiles un effort universitaire et théologique de haut niveau sur les questions de jurisprudence et d’intégrité du message de l’islam.

Ses détracteurs l’accusent de double discours. Il dénonce leur double audition.

Et tout cela finit en dialogue de sourds, comme souvent lorsque les mots-clés « islam » et « musulmans » sont prononcés.

Plus spécifiquement sur le comportement avec les femmes, je ne l’ai jamais vu adopter un comportement ou une attitude déplacée, même si bien entendu, s’il était le Tartuffe que certains dessinent aujourd’hui, il se serait bien gardé de le faire en ma présence. Néanmoins, j’accorde une attention particulière à ces questions et, encore une fois avec une constance sans faille, je n’ai jamais personnellement observé le moindre regard ni le moindre mot déplacé de sa part. Pendant toutes ces années d’engagement associatif, je n’ai pas eu d’alerte factuelle, substanciée.

Ou plutôt si. Comme cet épisode:

En marge d’une conférence, Tariq Ramadan dédicaçait des ouvrages sur un stand au profit d’une association. Une longue file de personnes sont venues solliciter un mot, une réponse ou une signature de l’auteur. Une jeune femme, le lendemain, me contacte :

« Tariq Ramadan m’a mis son numéro de chambre sur un papier et me l’a fait passer en me proposant de l’y rejoindre. Il me regardait de manière très suggestive. »

Des messages de toute sorte, j’en reçois beaucoup. Vraiment sur tous les sujets et de toutes les teneurs. Le plus souvent, ce sont des messages d’encouragement et de soutien, ou des questions simples. Parfois, ils sont déplacés (propos tendancieux, insultants voire de teneur sexuelle), d’autres fois hors sujet (demande d’exonération d’amendes, demande du numéro d’une célébrité, etc.). D’autres encore ne relèvent tout simplement pas de mes compétences (questions religieuses ou d’ordre familial…).

Mais ce message m’a interpellé.

Par acquis de conscience et par précaution, je me renseigne individuellement auprès des membres de l’équipe à propos de l’organisation du stand. Personne n’a rien vu. Fort heureusement, il y avait une caméra qui a filmé en plan large tout le stand, pendant toute la durée de la présence de Tariq Ramadan. J’ai fait ressortir et visionner les bandes, de la première à la dernière minute. Il n’y avait rien. Strictement. Rien. La jeune femme apparaissait bien à un moment dans le champ de vision mais à aucun moment Tariq Ramadan ne lui a pas fait passer quoi que ce soit. Et la note en question, lorsque j’ai demandé à la voir, avait tout simplement « disparu ».

Sans la démentir, j’ai encouragé la dame à, bien entendu, nous faire part de tout développement et lui ai conseillé, de manière générale, de ne jamais participer à des entretiens dans une chambre d’hôtel, avec qui que ce soit.

Tariq Ramadan déclenchait aussi des comportements d’attraction. Des femmes (et des hommes) voulaient se faire prendre en photo avec lui, poser la main sur lui, échanger avec lui de manière privilégiée. Certaines le demandaient même en mariage, d’autres lui faisaient des propositions. Dans l’exercice de la parole publique, il y a une claire dimension de séduction. Mais il y a aussi des limites à ne pas franchir. C’est ce qui en fait un exercice si périlleux.

Je me suis toujours soucié, dans mon rapport à la vie publique et par volonté de préserver le minimum de sincérité qui m’avait poussé à m’engager, d’être conscient de ces limites et de ne jamais m’en approcher. Quitte à passer pour distant ou froid, à plusieurs reprises, plutôt que de risquer l’incompréhension inverse. Et, lors des occasions où j’étais en présence de Tariq Ramadan, je ne l’ai jamais vu se comporter autrement. J’entends volontiers et sans les dénigrer une seule seconde les témoignages qui sont produits à ce sujet, mais ce n’est tout simplement pas quelque chose que j’ai personnellement observé. Dès lors, je ne vais pas inventer une réalité parallèle juste pour coller à l’ambiance du moment.

Est-ce que ça l’innocente d’emblée ? Non.

Est-ce que cela met en cause le témoignage des plaignantes ? Non plus.

Mais cela éclaire, à minima, la distance qu’il peut y avoir entre un tableau médiatique à charge et l’image qu’un observateur associatif peut en avoir, sur plusieurs années.

Bien entendu, Tariq Ramadan a des défauts. Si je devais lui faire des critiques, elles porteraient sur la solitude et la conflictualité de l’exercice.

Beaucoup de personnes ont découvert Tariq Ramadan sur des plateaux télévisés dans les années 2000 et ont trouvé en lui un homme capable de les défouler, face à des discours racistes et d’une ignorance tellement crasse qu’elle en devient fière d’elle-même. Ce fait est aussi une mesure de notre humiliation collective, pour celles et ceux d’entre nous qui partageraient ce sentiment que Tariq Ramadan, dans ses idées comme dans sa foi, nous représente ne serait-ce qu’un petit peu : si nous en sommes rendus à nous étonner positivement qu’un homme arabo-musulman s’exprime en français sans faire de fautes, qu’est-ce que cela dit de nous et de l’image que nous construisons de nous-mêmes ? Si pour nous, la fonction principale de l’intellectuel musulman est de claquer le bec des islamophobes sur des plateaux TV, au point où les réseaux sociaux remplacent dans notre agenda les bibliothèques, qu’est-ce que cela raconte de nous et quelle chance leur laissons-nous de produire des savoirs utiles, plutôt que du clash médiatique ?

En écrivant ces lignes, je peux objectivement dire que je pourrais m’adresser, à moi-même et en ayant une bien moindre surface médiatique, exactement la même critique. Malgré un effort de pédagogie et d’écoute, j’ai eu du mal, durant une partie de mon exercice public, à m’extraire des logiques de clash. Constater la conflictualité inhérente au sujet de l’islamophobie (mon principal sujet d’intervention durant les dernières années) et relever les biais du dispositif médiatique n’excuse pas cela.

Quant à la solitude, elle a pour Tariq Ramadan été d’abord une conséquence directe de son talent et de son expérience, puis de ses choix. Du point de vue de la combinaison entre éloquence et connaissances actionnables (sur le plan théologique, philosophique et politique), il surclassait (et surclasse toujours) la quasi-totalité des intervenants de sa génération. La conséquence directe de cela, c’est qu’il a occupé l’essentiel de l’espace d’expression autonome, dès lors que les sujets touchaient à l’islam, à la citoyenneté et aux musulmans, en environnement francophone puis anglophone. Exposé à des contextes dans des dizaines de pays différents, apprenant chaque jour plus de ces expériences de terrain, informé quotidiennement de ce qui se passe et se dit sur ses sujets, cette centralité et ces aptitudes n’ont fait que s’affirmer, faisant finalement de lui l’intellectuel musulman global qu’il souhaitait aussi être. Est-ce que Tariq Ramadan aurait pu faire plus et mieux pour permettre à ses étudiants et à la génération suivante d’émerger ? Sans doute. Et il y a eu des tentatives. De ce point de vue, Tariq Ramadan aura parfois essayé, sans vraiment toujours réussir.

Bref : ce n’est pas pour rien si Tariq Ramadan est l’intellectuel musulman qui marque notre génération. Mais on passe à côté de sa contribution majeure, qui ne se trouve ni dans ses débats télévisés, ni dans la lecture partielle (et souvent partiale) que l’on fait de ses idées, mais dans le lent et patient travail qu’il a réalisé dans les années 1990 et qui a posé une idée simple qui a tout changé :

Tariq Ramadan a démontré qu’on pouvait être musulman et européen.

Il a montré que l’islam se disait en français, en arabe, en allemand comme en anglais. Il a donné des clés de compréhension à des millions de personnes pour qu’ils puissent vivre à la fois leur citoyenneté et leur spiritualité, non pas comme des dimensions conflictuelles de leur identité, mais comme deux parties d’un même tout : l’existence autonome d’une conscience éclairée et humaniste.

Ceux qui minorent aujourd’hui son apport intellectuel cachent bien mal leur ressentiment.

Tariq Ramadan n’est pas un philosophe majeur. Pas un théologien majeur. Pas un historien majeur ni même un essayiste majeur. Mais c’est un éducateur majeur, capable de transformer des notions abstraites en savoirs actionnables, de construire une idée de l’éthique musulmane qui soit accessible à des personnes, sans nécessairement qu’elles aient un haut niveau d’études, ni donner une vision simpliste de l’islam. Il a été capable de donner du sens, de transmettre un message, d’incarner une aspiration. Celles de millions de personnes qui veulent vivre librement, dignement, une spiritualité qui ne les clive pas de leur peuple mais les y ancre et les y engage, avec humanisme et exigence.

Tariq Ramadan serait un opportuniste qui, par la controverse et la ruse, cherche la reconnaissance médiatique et universitaire dont son indigent travail intellectuel le priverait autrement ?

Cette idée, à mon sens profondément injuste par ailleurs, ne dit pas autre chose que la volonté de l’être humain de montrer mieux que ce qu’il vaut réellement, dans une intention toujours précaire… qui d’entre-nous peut décemment dire qu’il en est prémuni ? Qui, parmi les contempteurs à la vertu aussi soudaine que leur exigence morale, peut en conscience affirmer que ses actes et discours sont toujours fidèles à ce que recèle sont for intérieur et son intention intime ?

Pas moi. Et vous ?

 

Un traitement politique de l’affaire Ramadan

Maintenant revenons sur ces affaires de viol qui visent Tariq Ramadan.

J’ai décrit dans la première partie de ce texte les deux principes qui doivent nous guider : d’une part l’accueil des victimes qui se déclarent auprès de la justice, de l’autre le strict respect de la présomption d’innocence.

Or tout observateur, avec un minimum d’honnêteté, pourra constater que cette présomption d’innocence ne s’est tout simplement pas exercée, sur le plan médiatique, politique et peut être même judiciaire, s’agissant de Tariq Ramadan.

Avec constance et depuis le début de cette affaire, des journalistes et des figures politiques ont fait une lecture religieuse et parfois explicitement raciste de ces affaires. Il ne s’agissait plus d’évaluer deux plaintes pour viol, mais de porter un jugement idéologique et politique sur Tariq Ramadan et ce qu’il représente dans la société française.

Dans sa chute, Tariq Ramadan aura au moins eu le mérite de cheviller au corps de ses pires détracteurs un soudain et viscéral soucis pour la condition des femmes. C’est dommage, au demeurant, que ce soucis ne s’exprime qu’avec une intensité variant quantitativement en fonction de la colorimétrie et du degré d’islamité de la personne mise en cause.

L’exclusion des femmes est un problème qu’il faut dénoncer à distance. Quitte à inventer un café qui leur serait interdit à Sevran, commodément situé dans un quartier populaire et fréquenté par une surreprésentation d’Arabes et de Noirs.

Le harcèlement de rue est un problème qu’il faut dénoncer à distance. Surtout lorsqu’il est produit par des migrants, des réfugiés ou relevé dans des quartiers populaires plutôt que dans les rangs de l’Assemblée Nationale.

Les violences sexuelles sont un problème qu’il faut dénoncer à distance. On mettra Tariq Ramadan en détention « par sûreté » mais on laissera des ministres mis en cause rester au gouvernement, qu’on « assurera de notre soutien » et que l’on ovationnera dans l’assemblée.

A force d’indignations sélectives et de lectures ethnicisantes et racistes des problèmes structurels de notre société (dont le sexisme et les violences sexuelles font partie), certaines de nos élites terminent de piétiner ce qu’il restait de leur cohérence et de leur crédit politique.

Comment donner envie de participer à un projet commun, inclusif et rassembleur, si on n’est même pas capables de traiter avec égalité des pans entiers de la population, y compris face à la justice ?

Plutôt que de juger des hommes, on se retrouve à juger leurs opinions et leurs appartenances. Certains déclarent ne pas voir les couleurs ni les religions… Sauf lorsqu’il s’agit de les exclure ou de les enfermer.

Comment conjurer un sentiment de dégoût et d’immense frustration, quand on voit que tout est prétexte à une lecture raciste des questions de société, aboutissant invariablement à la constante exclusion de tout ce qui incarne la diversité ou la différence. De couleur ici, de religion là. Et d’opinion, demain. Le rouleau compresseur du « racisme imaginaire » produit des effets qui ne le sont pas :

Si la police tue Adama Traore, il faudra que la famille endure de longues années de harcèlement et de pressions pour espérer obtenir un procès. Et le plus souvent, les policiers n’iront jamais en prison. Ses frères, si. Demander la justice et la vérité ne leur est ici d’aucune utilité.

Si Rokhaya Diallo est choisie pour avoir un rôle consultatif dans une instance, il suffira de quelques tweets racistes et d’un courrier d’une élue de droite dure pour faire céder le gouvernement. Et on demandera à Mounir de virer Rokhaya, pour la « sérénité des débats ». Etre compétente et brillante ne lui est ici d’aucune utilité.

Si Mennel Ibtissem veut chanter. Il faudra la faire taire et l’exclure, juste pour quelques tweets. S’excuser et adresser un message de paix et d’amour ne lui est ici d’aucune utilité.

Si Karim Benzema veut jouer dans l’équipe de France, il faudra lui faire payer d’avoir osé mettre en cause « une partie raciste de la France » dans le traitement qui lui est fait. Etre l’un des meilleurs joueurs du monde ne lui est ici d’aucune utilité.

Si Attika Trabelsi met un premier ministre en face de ses contradictions, il faudra la traiter d’islamiste (?) et la lyncher sur les réseaux sociaux, puis obtenir la mise au ban de son association. Etre transparentes, talentueuses et professionnelles ne leur est ici d’aucune utilité.

Et dans le cas de Tariq Ramadan, si on venait à découvrir (dans des mois ou des années) qu’il n’est pas coupable des faits qui lui sont reprochés, être innocent ne lui serait en vérité d’aucune utilité, puisque des juges ont décidé de sa mise en détention jusqu’à nouvel ordre, alors même que des éléments tangibles permettent à tout le moins de douter des versions produites jusqu’ici.

Aujourd’hui, on découvre que Tariq Ramadan est atteint d’une maladie grave depuis deux ans et que son état de santé se dégrade de manière préoccupante depuis qu’il est incarcéré, faute de soins spécifiques. Il n’a pas accès à sa famille et à ses proches, qui se voient refuser des permis de visite, malgré la prolongation de sa détention.

Mais cela ne change rien. Les articles continuent de se succéder, sans traitement contradictoire. Les déclarations le vouant aux gémonies s’enchaînent. Le zèle dans l’entreprise dé-coordonnée de destruction va jusqu’au choix des photos d’illustration, privilégiant des postures dans lesquelles le regard de Tariq Ramadan pourrait sembler lubrique, inquisiteur ou dominant.

Il est question de l’agenda malveillant de Tariq Ramadan, de la nature mortifère de ses idées, du double discours enfin révélé, de la complicité de ceux qui l’ont accueilli, d’un danger imminent d’islamisation de la France et de l’infiltration, déjà irréversible, de tous ces musulmans, pardon de ces islamistes, qui tiennent un discours audible et dont il faudrait justement se méfier.

Pourquoi cette affaire laisse-t-elle comme un goût d’acharnement ?

Il n’y a pas de complot de la justice et du pouvoir contre Tariq Ramadan, pas de coordination secrète entre le gouvernement, les juges, les médias et je ne sais quel lobby pour veiller à le maintenir enfermé.

Et c’est bien là le pire.

Des fonctionnaires n’ont pas besoin d’instructions de leur commandement pour qu’un document pouvant disculper Tariq Ramadan disparaisse (puis réapparaisse) subitement.

Des journalistes n’ont pas besoin de recevoir d’ordres explicites pour écrire des articles à charge contre Tariq Ramadan et alimenter la surenchère à son propos, contribuant à détruire, une publication après l’autre, la réputation du mis en cause et la présomption d’innocence à laquelle il a théoriquement droit.

Et les polémistes et figures politiques qui ont si longtemps voulu sa déchéance et celles de ses idées n’ont pas besoin de se parler pour savoir comment tirer avantage de cette situation. Sitôt le scandale éclaté, ils étaient déjà prêts à purger leurs adversaires.

D’abord Ramadan. Lui, sa famille, ses proches.

Ensuite ceux qui le soutenaient, dont bon nombre avaient déjà été inscrits sur les listes noires des indésirables, selon l’extrême droite la plus dure et l’influente mouvance vallsiste, toujours alliées de circonstance quand il s’agit de mettre en cause des musulmans.

Enfin toutes celles et ceux qui par le passé ont travaillé, échangé ou dialogué avec Tariq Ramadan.

Cette chasse aux sorcières raciste, sous couvert de lutte pour la laicité/contre l’islamisme/pour la république/pour Charlie/contre le terrorisme/… est tout simplement sans fin. Et tant qu’on y cède collectivement, elle ne fera que s’amplifier.

La cabale contre Médiapart initiée par Charlie Hebdo a été un exemple typique de ces procédés. On reprochait à Edwy Plenel d’avoir participé à des conférences en présence de Tariq Ramadan. Même procédé à l’encontre de Pascal Boniface et de l’IRIS.

Pourtant, à peine quelques semaines auparavant, c’est Gérard Biard lui-même, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, qui partageait l’estrade avec Tariq Ramadan, lors d’une rencontre en vue à Buenos Aires. Au delà du procédé, et à supposer même que M. Ramadan soit coupable, en quoi le dialogue et l’échange, y compris de points de vue contradictoires, rendrait ses interlocuteurs coupables ou complices de tels actes ? On ne sait pas. Mais apparemment, c’est cela aussi, être Charlie.

Si cette histoire de conférence partagée n’était en vérité qu’un prétexte, que reprochait-on vraiment à Edwy Plenel et à Médiapart ?

Deux choses, très précisément :

1) La réussite éclatante de Médiapart, qui par la constance de ses analyses, le développement de son lectorat, la régularité des grosses affaires qui y sont révélées et l’expertise de ses journalistes (y compris voire surtout sur les questions sensibles de sécurité, de malversations financières, etc.), renvoie une partie non négligeable de la presse à ses connivences idéologiques, à son manque d’indépendance voire tout simplement aux limites d’un modèle basé sur autre chose que la bonne information des lecteurs.

2) Le « Pour les musulmans » d’Edwy Plenel, qu’il a signé en son nom, avec l’espoir que cet ouvrage libèrerait la parole d’une partie de la gauche, trop souvent silencieuse face à l’islamophobie, et ouvrirait la voie à des causes communes plutôt qu’à des lignes de fractures. Déconfits, voici ses détracteurs accrochés à sa moustache devenue symbole de leurs moqueries, à défaut de faire pièce à ses idées.

Il n’en fallait pas plus pour que d’aucuns veuillent leur « faire rendre gorge » ; Pour n’avoir tout simplement pas partagé leur racisme. Depuis (et c’est modérément amusant), plusieurs journalistes de Médiapart ont développé comme un réflexe d’auto-préservation, en veillant à bien poster un tweet « sans complaisance » à chaque développement de l’affaire Ramadan. C’est une prévention bien compréhensible.

Ce prix que payent les journalistes qui ne partagent pas le racisme du moment dépasse de loin Médiapart. Au Monde, à Libération, à Politis, au New York Times, au Bondy Blog, dans l’Humanité, dans les chaines du service public ou dans toute autre média, le simple fait de traiter des sujets liés à l’islam, aux Arabes, aux Noirs, aux quartiers populaires sans émailler son texte des habituels poncifs racistes, vaut aux auteurs quelques jours de cyber-harcèlement. Sans grande reconnaissance, par ailleurs, pour compenser cela. A leur décharge, les personnes concernées par ces sujets ne voient peut être pas, à priori, pourquoi elles devraient être particulièrement reconnaissantes d’être traitées normalement.

Et pourtant, produire du journalisme sérieux est bel et bien devenu un acte militant.

 

Une seule exigence : Vérité et Justice

Une fois qu’on a dit tout cela, comment sortir par le haut de cette affaire ?

D’abord, en réaffirmant une confiance sereine dans la justice de notre pays. Pour qu’elle demeure sereine, cette confiance doit être assurée de la transparence du traitement judiciaire de Tariq Ramadan, en tant que mis en examen dans deux affaires de viol présumé.

Soyons presque audacieux mais restons polis : il serait par exemple utile que les pièces du dossier soient agrafées. Cela éviterait qu’elles disparaissent, par téléportation, loin de là où elles sont utiles à la manifestation de la vérité. L’enquête interne sur ces dysfonctionnements, requise par les avocats de Tariq Ramadan, permettrait à ce titre d’éviter toute spéculation. Malheureusement, cette simple demande aussi vient d’être rejetée, alors même qu’elle aurait pu clarifier le processus judiciaire.

Il faut libérer Tariq Ramadan, en attente de son procès.

Pour deux raisons :

1) Cela lui permettra d’avoir accès à des soins nécessaires, tout en étant auprès de sa famille. A ce stade, notre système de justice est doté de dispositifs (bracelets éléctroniques, etc.) permettant de garantir que M. Ramadan demeure sur le territoire français, sauf à penser qu’il faille mettre la vie de Tariq Ramadan en danger ou qu’il y ait un intérêt quelconque à le séparer de ses proches.

2) Cela lui permettra de préparer sa défense dans de bonnes conditions. L’exhaustivité des moyens de défense et la qualité d’une instruction (à charge et à décharge) contribuent à la légitimité de ce qui se décidera lors d’un procès ultérieur. Tout interférence de ce point de vue n’aura pour autre conséquence que de porter atteinte à la légitimité d’une décision de justice, en renforçant l’idée que M. Ramadan fait l’objet d’un acharnement et d’un traitement d’exception.

A n’en point douter, toute tentative d’influence auprès des plaignantes ne serait ni empêchées, ni incitées de par sa constante incarcération. Et il est raisonnable d’avoir toute confiance dans les avocats de Mmes Ayari et Christelle pour veiller aux intérêts de leurs clientes et mettre en évidence toute pression qui les viserait.

Enfin, il faut s’attacher à juger les actes d’un homme et rien d’autre. Sauf à vouloir faire de Tariq Ramadan un symbole, celui d’un prisonnier devenu politique à qui l’on reproche des idées plutôt que des actes.

Il ne s’agit pas de juger sa religion, ni ses opinions politiques, pas plus que les inimitiés que suscitent ses positions au sein de nos élites parfois si enfermées dans leurs conservatismes.

A défaut de cela, ce n’est pas uniquement envers Tariq Ramadan que nous serons injustes, mais envers nous-mêmes. Car à dénigrer avec constance les principes mêmes qui fondent notre système de justice, nous lui faisons perdre, plus que sa légitimité, son sens.

Quand il sera jugé, Tariq Ramadan sera reconnu coupable ou il sera innocenté.

Si Tariq Ramadan est reconnu coupable, cela sera la condamnation d’un homme pour ses actes. Ce sera l’occasion (déjà valide) de s’interroger profondément sur les angles morts du traitement des femmes et sur les violences sexuelles que nombre d’entre elles subissent. Il faudra sortir par le haut en se saisissant de cette occasion pour poser toutes ces problématiques sur la table.

Et si Tariq Ramadan est innocent de ces viols, si tout cela n’était qu’un vaste imbroglio de mensonges et de vérités, tant et si mal abordés qu’on aurait injustement et non moins méthodiquement détruit cet homme et tout ce qu’il représentait, qui viendrait réparer ? Qui restaurerait son honneur et sa dignité ? Qui consolerait son épouse et ses enfants d’avoir vu leur nom traîné dans la boue pendant de si long mois ? Que dirait-on à tous ceux que l’on cherche à convaincre qu’ils sont des citoyens comme les autres, quand on aurait accusé à tort un homme, pour des raisons d’exception ?

C’est pour ne pas avoir à répondre à ces questions demain qu’il faut être juste aujourd’hui.

Et dans la constance de nos convictions, demander justice et vérité.

—–
Ajout: depuis la publication de ce texte, plusieurs personnes dans le tissus associatif ont fait état de relations extra-conjugales de la part de Tariq Ramadan. Une bénévole occasionnelle m’a également rappelé (fait oublié lors de la rédaction de ce texte), un épisode lors duquel elle relatait les faits suivants: Tariq Ramadan lui aurait, sur un stand, montré suggestivement sa réservation d’hôtel et fait du pied sous la table. 





Réactions


  1. Par Sam le 14 février 2018 à 23:51

    Salam.

    Merci. Une seule exigence en effet : Justice et vérité pour notre frère Tariq.

    [Répondre]

    réponse de Asma

    Vérité et justice, tout court. Pour la vérité et pour la justice. Car nul ne sait, à par Allah et les personnes concernées, quelle est la vérité et la justice. Mais peut-être la vérité se trouve-t-elle dans les témoignages des plaignantes, et la justice dans le châtiment de celui qu’elles accusent. Si vous avez bien lu le texte de Marwan Muhammad, vous ne pouvez exclure cette possibilité.

    [Répondre]


  2. Par Hanna le 15 février 2018 à 0:02

    Que la paix soit sur vous,

    Un bol d’air frais c’est ce que je ressens. Ou est passé la sagesse ? Ou s’en est donc allé la « raison » dont Dieu à dépourvu l’animal mais qu’Il a accordé à l’Homme ?

    Lorsque j’étais petite j’écoutais des cassettes de Tariq Ramadan, dans l’une d’elle il disait  » Etre musulman c’est ressentir l’intimité de la présence quand les yeux du monde voient l’absence », cette phrase là s’est ancrée en moi et il me semble que durant cette polémique il a bien fallut que les français de confession musulmane la mette en pratique, car sinon, la folie des Hommes les auraient aussi emporté. Amalgames, blasphèmes gratuits, en passant par le voile, non seulement les médias on jugé coupable Tariq sans procès, mais en plus ils ont prétexté que sa culpabilité ( selon eux), justifiait à accabler toute une communauté à travers des phrases comme  » les hommes musulmans pensent comme ça ». « le pilier de l’islam s’effondre » Une fois, j’ai allumé la télé et sans le savoir j’invitais chez moi le discours le plus COLONIALISTE et le plus SUR RÉALISTE que je n’avais jamais entendu : avec pédagogie, une jeune femme expliquait très engagée  » les musulmans ne comprennent pas, Tariq leur a menti et même si il ne les a pas violé, alors, il a eu des relations avec des femmes en étant marié. C’est interdit normalement pour les musulmans c’est très grave et il prêche et se conduit comme ça, il faut que les musulmans réagissent « .
    Ainsi une femme que je ne connais pas pensait durant ce court instant m’apprendre que :
    – trompé c’est mal
    – Tariq Ramadan dit quelque chose et fais son contraire
    – en tant que musulmane je ne me rend pas compte de ce qui se passe, je me dois de réfléchir de raisonner, oui je me dois de sortir de cet endoctrinement qui m’avais fais pensé durant toute mon existence que le péché n’existe pas, que quelqu’un qui prêche est dépourvu de péché et que je dois être remontée car il aurait trompé sa femme (car coupable sans avoir été jugé encore une fois).
    Oui je ne vis pas dans l’un des pays ou l’adultère est le plus commun et étant née en France l’islam trouble ma perception de la société environnante, j’ai donc attendue d’inviter cette femme si libre et intelligente pour m’expliquer la vie alors qu’elle se trouve dans le même pays que moi … Exaspération !

    De l’autre côté je me suis dis que cette religion qui m’a appris la patience, la méditation et réflexion, en ceux qui la pratiquent je trouverais plus de cohérence et de justice. Je tombe alors sur un représentant d’une association musulmane qui condamne magnifiquement tarik en allant complètement dans le sens d’un journaliste dont les tournures des questions m’a laissé pensé qu’il était aussi avocat et en l’occurrence des victimes présumés. Des commentaires en face de la vidéo  » Tarik on sait que tu les a pas violé »,  » Cet homme est un imposteur il a raison »…

    Ainsi je me suis rappelé de ‘Aicha (ladyalli hanha ) qui fut accusée elle aussi, je me rappelais de notre prophète ‘alaihi salat wa salam qu’on traitait de fou. Et une seule idée me vint en tête  » Qu’Allah permette à Tarik de se rappeler de sa propre citation  » Etre musulman c’est ressentir l’intimité de la présence quand les yeux du monde voient l’absence », car en réalité l’absence peut être remplacé par la vérité, la lumière. Oui les Hommes voient ce qu’ils veulent c’est ce que nous prouve d’avantage cette polémique.

    Si Tarik Ramadan est coupable alors la justice tranchera, s’il est innocent alors les Hommes pleureront-il à l’idée que leur injustice est put accablé un homme, sa famille, ses proches ? Sommes nous réellement ces vautours qui s’en vont quand plus rien ne sens mauvais ? Puisse Dieu nous pardonner car la raison qu’Il nous a accordé me semble être parfois quasi oubliée au profit des passions et de la décadence. Il est inquiétant de ne pouvoir trouvé du réconfort qu’à travers le souvenir de ceux qui nous ont précédés et de les regretter car l’héritage qu’ils nous ont transmis devrait être suffisant à trouver la force en nos contemporains ou à nous même devenir une force …

    Merci pour cet instant de réflexion et de justesse

    Que la paix soit sur vous

    [Répondre]


  3. Par Fanny le 15 février 2018 à 0:02

    Je reste sans voix et vous savez pourquoi? Parce que c’est le premier texte juste et cohérent que je lis sur cette affaire. Le déroulement des choses m’inquiete Fortement, j’ai l’impression qu’il n’y a plus de loi ni de règle et qu’on a le droit de faire subir tout ce qu’on veut.. où est passée la présomption d’innocence? Je vous assure ça fait peur. Merci pour votre avis, vos explications, vos mots si apaisants.

    [Répondre]


  4. Par jht le 15 février 2018 à 0:52

    Un grand merci M. Marwan Muhammad pour la justesse de vos propos. J’ai moi-même grandi avec les discours empreints d humanité, de tolérance et d ouverture du Pr.Tariq Ramadan. Je lui suis grandement reconnaissante de m’avoir ouvert les yeux et le coeur afin d y imprégner l amour de la France, et de l Europe, à travers ses livres et conférences que je suivais jusqu’à il y a quelques années.

    Tout comme vous, j attendais beaucoup de la requête demandée par les défenseurs de T. Ramadan afin d eclaircir certains manquements dans l enquête qui n a débuté il y a tout juste trois mois, et qui, malheureusement a été rejetée, alors qu’elle aurait pu contribuer à apaiser le climat malsain qui entoure cette affaire. ..

    Malgré tout, par votre texte, vous m encouragez à continuer à croire en notre justice, et c est cela qui compte… laissons le temps au temps, en espérant que la vérité en soit l aboutissement…

    [Répondre]


  5. Par Karim le 15 février 2018 à 1:23

    Bravo vous avez tout dis tout analyse methodiquement systematiquement

    [Répondre]


  6. Par P-M MINJOZ le 15 février 2018 à 6:57

    Bonjour et merci pour ce long texte précis.

    Quelques points que vous n’abordez pas:

    – l’itinéraire philosophique de Tariq Ramadan, qui en fait un penseur et un universitaire au moins autant occidental que moyen-oriental.

    – le goût pour la violence physique en privé, dont il est accusé indépendamment du viol proprement dit, et qui reste à démontrer.

    – sa capacité involontaire, par son visage, à concentrer des siècles de ressentiment anti-sémite et anti-arabe, avec duplicité, traitrise (Judas) et cruauté, exprimés par les caricatures anciennes et plus ou moins intériorisé (et vous êtes aussi, dans une moindre mesure, victime de cet effet culturel de représentation).

    Cordialement,

    P-M M

    [Répondre]

    réponse de Jean-Claude Torelle

    Pour être franc, bien avant même les premières polémiques dont il a fait l’objet, l’expression de son visage et la manière arrogante dont il débattait provoquait chez moi un malaise qui n’avait rien à voir avec son faciès, sans que je sache exactement pourquoi. Le magnifique visage d’Al-Fârâbî, par exemple, est imperméable à la caricature de bas étage et ce n’est certainement pas le fait du hasard 😉

    [Répondre]


  7. Par Djeleb le 15 février 2018 à 7:19

    free Tariq Ramadan

    [Répondre]


  8. Par Badaoui le 15 février 2018 à 9:44

    Que rajouter de plus marwan a tout dis

    [Répondre]


  9. Par OUSMANE le 15 février 2018 à 11:14

    Très bonne et juste analyse et j’ajoute que la France à tout intérêt a être juste et équitable sinon elle risque au mieux de ternir son image pour longtemps et au pire d’être haïe par des millions voir des milliards de personnes dans le monde.

    [Répondre]


  10. Par Philippe WILLKOMM le 15 février 2018 à 13:56

    Bonjour,

    Je chemine avec vous sur cette voie, c’est Tariq Ramadan qui m’y a invité et je le remercie pour ça, sincèrement, vraiment. Cette épreuve a peut-être un sens, je veux le croire, nous verrons, tôt où tard, nous verrons…

    Courage et endurance a tous;

    PS : Les justes doivent nécessairement se manifester, il n’y a pas de justice sans juste, il faut le rappeler encore et encore. Les injustes ne « prospèrent » que parce-que les justes le permettent, et uniquement pour cette raison, nous sommes coupables, je le crains, si l’injustice se répand. Des justes comme Tariq Ramadan ont commencés a agir pour un monde de paix ou justice et vérité font la loi… Nous devons, maintenant, poursuivre, il n’y a pas d’autre voie pour la paix!

    [Répondre]


  11. Par Abdallah Yousfi le 15 février 2018 à 14:57

    C’est le texte le plus équilibré que j’ai lu sur cette affaire. Bravo Monsieur Muhammad

    [Répondre]


  12. Par DIABY le 15 février 2018 à 18:47

    Très belle analyse. Rejouissant qu’il puisse en exister encore

    [Répondre]


  13. Par Myriam le 15 février 2018 à 20:50

    Tout est dit ! Merci

    [Répondre]


  14. Par Sony le 15 février 2018 à 21:50

    « الأنفال(30) » وَيَمْكُرُونَ وَيَمْكُرُ اللَّهُ ۖ وَاللَّهُ خَيْرُ الْمَاكِرِينَ »
    « Ils complotèrent. mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes ».El’Anfal (30)

    [Répondre]


  15. Par Mazen le 15 février 2018 à 22:12

    c’est un beau texte, bien réfléchi ! Je suis tout à fait d’accord avec votre vision des choses.
    Dans l’espoir que cette situation change.
    Merci pour ce texte et au plaisir de vous relire.
    Paix

    [Répondre]


  16. Par El-Habib Kahloul le 16 février 2018 à 22:58

    Bravo Monsieur Marwan, vous n’avez rien oublié pour dire autre chose après vous

    [Répondre]


  17. Par Majd ALAMI مجد العلمي le 17 février 2018 à 14:14

    Merci beaucoup cher frère Marwan
    J’ai appris beaucoup sur la société française, en vous lisant. Plutôt j’ai mis à jour mes informations.
    Oui j’étais étudiant universitaire à Paris entre 1975 et 1981
    tout simplement, je ne reconnais plus la France.
    Il y avait du racisme à l’époque, mais il était dénoncé …

    Qu’Allah vienne en aide à Tariq Ramadan et à tous les musulmans de France et partout dans le monde

    [Répondre]


  18. Par trari_mohamed@hotmail.fr le 17 février 2018 à 17:22

    Messieurs…, qui que vous soyez, j’aimerais vous dire ce qui va suivre si vous voulez bien le lire, bien évidement, jusqu’à la fin : « Si Monsieur Tariq Ramadan est, vraiment, « coupable » de quoi que ce soit, la première des choses c’est d’avoir été très courageux, sans avoir peur, à aucun moment, et d’avoir réveillé la conscience des millions et des millions de Musulmans et Musulmanes, de par le monde. Il a œuvré de la plus belle manière et façon qui soit, aussi, dans le chemin, le vrai chemin de l’Islam qui mène à Dieu, et à Dieu seul. S’il est, vraiment « coupable » c’est d’avoir propager la foi Islamique avec une très grande sincérité, véridiquement, et à, aussi, pour la propagation de la foi Musulmane, et en dehors de ça, je ne vois rien d’autre et de quoi il est accusé, pour que tous les médias français se sont attaqué à lui avec autant d’acharnement, et d’une violence inouï. Et en s’attaquant à monsieur Ramadan, c’est l’Islam qui est visé, et en aucun cas monsieur Tariq Ramadan. La France, il faut le dire ; qu’elle n’aimerait, en aucun cas, que l’Islam et les Musulmans aient une place en son sein, et encore moins, un parti politique dans ce pays que l’on dit « démocratique, » et quelle démocratie ! Monsieur Tariq Ramadan fait peur, il fait très peur même, à certaines personnes, qui, leurs neurones sont programmés spécialement pour s’attaquer à toutes les religions et, plus particulièrement, à l’Islam. Mais ça, ça ne date pas d’aujourd’hui, malheureusement, mais depuis des années. Exactement, depuis qu’il a commencé à professer l’Islam et à le répandre comme personne ne l’avait fait avant lui, ces derniers temps, en France, en Europe et dans le monde entier. Que voulez-vous que je vous dise de plus en dehors de ça ? L’Islam est une religion de Paix, d’où son nom est tiré du mot Salam qui veut dire tout simplement (Paix.) Non, ça ne veut rien dire d’autre que ça ! Ce n’est pas un nom, tiré d’un pays, ou d’une ville, ou d’un village ou d’une personne comme c’est le cas du Judaïsme et du Christianisme. L’Islam en arabe c’est la Paix, et la Paix en Français c’est l’Islam en arabe : c’est la même chose. Moi, je ne comprends pas comment certains l’assimilent l’Islam, chaque fois et chaque jour que Dieu fait, à la guerre, à des massacres, a du terrorisme, a des crimes et a toutes autres saloperies qui vous passent par la tête et par l’esprit. Tout ce que je sais, c’est que monsieur Tariq Ramadan, tout le monde voudrait et aimeraient le casser, même certains, prétendument Musulmans soi-disant. Au lieu de le défendre avec force et véhémence jusqu’à ce que la justice prouve qu’il est, réellement, mais réellement celui dont on l’accuse, avec des preuves irréfutables. Il se trouve que certains « Musulmans » aussi essayent de le noyer, plus encore, que les médias occidentaux qui ne lui souhaitent qu’une chose : Une grande chute pour faire la fête, chanter et danser. L’Islam est une religion qui est et reste en travers la gorge de ceux qui ne l’ont jamais ni appris ni compris et ni porté dans leurs cœurs, pour savoir, au moins, pourquoi lui en veulent-ils à ce point ? L’Islam vaincra ! L’Islam vivra ! Et si l’Islam, croyez-moi, était comme certains le prétendent (une fausse religion) et que Mohamed (Paix et salut sur Lui) était un « imposteur », il y a bien, bien longtemps que le monde entier ne l’aurait pas connu ni n’aurait entendu ni parler de lui avant de l’embrasser. Si c’était le cas, il n’y aurait pas eu, non plus, des milliards de Musulmans sur terre depuis sa révélation, il y a 1450 ans, à la Mecque. C’est tout ce que j’ai à vous dire, et je vous remercie du fond du cœur, quoi que vous en pensiez de ce que vous venez de lire, et d’avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout. Merci.

    [Répondre]


  19. Par Hassan le 17 février 2018 à 18:27

    Exigeons Le respect de l’article 144 de la procédure pénale:

    Modifié par LOI n°2009-1436 du 24 novembre 2009 – art. 93
    La détention provisoire ne peut être ordonnée ou prolongée que s’il est démontré, au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure, qu’elle constitue l’unique moyen de parvenir à l’un ou plusieurs des objectifs suivants et que ceux-ci ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire ou d’assignation à résidence avec surveillance électronique :
    1° Conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité ;
    2° Empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ;
    3° Empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices ;
    4° Protéger la personne mise en examen ;
    5° Garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice ;
    6° Mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement ;
    7° Mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public provoqué par la gravité de l’infraction, les circonstances de sa commission ou l’importance du préjudice qu’elle a causé. Ce trouble ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l’affaire. Toutefois, le présent alinéa n’est pas applicable en matière correctionnelle.

    [Répondre]

    réponse de Jean-Claude Torelle

    En quoi n’est-il pas respecté? Merci de nous éclairer.

    [Répondre]


  20. Par JPL le 17 février 2018 à 20:13

    Bonsoir,

    J’ai lu avec intérêt votre texte, qui m’a presque convaincu. Il souffre cependant de deux faiblesses :

    – d’une part, on peut parler autant de grosse ficelle que d’habileté dans la manière dont vous amenez les choses, en commençant par bien affirmer qu’il faut écouter les victimes, pour ensuite progressivement plaider à charge contre elles puis très longuement en faveur de ce M Tariq Ramadan, puis d’expliquer tout aussi longuement qu’il y a un contexte raciste ou islamophobe. C’est un très vieux procédé. De fait, il est si bien connu qu’il fonctionne que dans le système judiciaire c’est la défense qui est appelée à s’exprimer en dernier, pour que ce biais ne soit pas au détriment de l’accusé. Je dois dire que quand j’ai vu se dérouler longuement ce schéma éculé, j’ai commencé d’avoir de gros doutes. Je ne vous connaissais pas et après recherche ai compris que vous êtes un militant islamiste, pas opposé à la polygamie, et ex-animateur d’un comité contre l’islamophobie.

    – ensuite, à vous lire, on pourrait imaginer que seules deux femmes, in fine visiblement peu crédibles à vos yeux, seraient concernées. Or, s’il n’y a pas à cette heure de procédure ouverte, il a été largement question de femmes en Suisse (dont des adolescentes, mais avec prescription quant aux faits), en Belgique et maintenant aux Etats-Unis où une avocate musulmane vient d’ouvrir une procédure contre lui :
    http://www.lelibrepenseur.org/nouvelle-plainte-deposee-contre-tariq-ramadan-aux-usa/
    Elle soulève précisément un point qui n’est pas anodin : quand une cabale est montée, quand quelqu’un est injustement accusé, c’est dans un seul lieu ou pays, pas simultanément dans quatre pays. Certes une ouverture de procédure, en France ou aux Etats-Unis, ne vaut pas condamnation, mais cela fait beaucoup de signaux qui vont dans le même sens et dont vous ne dites mot dans votre texte pourtant bien long.

    [Répondre]

    réponse de Philippe WILLKOMM

    Bonjour,

    Et vous quand on vous lit, on voit venir la condamnation, liée aux conjectures a charge. Avec un argument comme celui que vous évoquez en dernier(plusieurs pays etc…), ne prouve toujours rien, spéculation, conjecture, a charge…

    En France, il est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, c’est simple, clair et concis. Et c’est tellement simple, clair et concis, que Tariq Ramadan est incarcéré a l’isolement dans une prison haute sécurité avec des terroristes. C’est assez factuel, ça?

    Présumé innocent = prison à l’isolement total.

    Je ne vous souhaite pas un traitement similaire le jour ou vous serez accusé et présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, ou tout du moins jusqu’à la fin de l’enquête et du procès, que vous ayez pu vous défendre un minimum…

    en vous lisant, on lit que vous approuvez ce qui se passe, et bien sachez que tôt ou tard la France se réconciliera avec ces principes et a ce moment là, mon cher monsieur, j’espère pour vous, que vous vous serez aussi réconcilié avec ses principes, même pas envie de les énumérer tellement c’est malsain et injuste de devoir le préciser. Venez a la lumière, vous ne devez pas voir grand chose dans les ténèbres…

    Courage et endurance à vous;

    [Répondre]

    réponse de Jean-Claude Torelle

    Ce que vit Monsieur Ramadan est ce que vivent tous les présumés innocents de France et de Navarre, quand la gravité de la situation l’exige (risque de fuite et surtout pression sur les témoins entre autre). Désolé, mais c’est le droit français. Alors maintenant, on retient tous notre souffle, on fait tourner 7000 fois nos langues de convaincus, en espérant que ça suffise jusqu’à la conclusion d’un éventuel procès. En attendant, on passe à autre chose. D’accord?

    [Répondre]

    réponse de JPL

    un complément :
    http://www.lejdd.fr/societe/tariq-ramadan-etait-menace-de-plainte-depuis-2010-3577508

    [Répondre]

    réponse de Philippe WILLKOMM

    Plainte n’a pas été déposé, des gens le jalouse depuis avant les années 2000 et qu’il y ai des gens qui veulent le voir tomber ce n’est pas nouveau non plus, en fait, vous n’avez tjs rien et vous persistez a calomnier, continuez donc ce que vous faites, mieux vaut vous que moi, a votre place… pourquoi êtes-vous si mauvais, a tjs vouloir le mal de quelqu’un, comme vous le faites?
    Tariq Ramadan, vous a fait quelque chose?
    Et soyez un peu plus courageux, si déjà vous calomniez les gens, faite le a découvert, présentez-vous, c’est la moindre des choses… J’ai passé le message, pour le reste c’est entre vous et votre conscience.

    [Répondre]

    réponse de JPL

    M Willkomm

    Pardon de le dire brutalement, mais vous délirez.
    Dites-moi donc dans quelle phrase j’aurais écrit que Tariq Ramadan serait coupable, voire de par mon jugement ? Je n’ai rien écrit de tel.
    Je me suis limité à noter que le papier publié ici est profondément déséquilibré en faveur de M Tariq Ramadan, par sa construction et ce qu’il met en avant et aussi par tout ce qu’il n’évoque pas. Ni plus ni moins. Alors vos délires de ténèbres et autres…
    Je ne me suis pas prononcé sur un jugement (à venir), ni sur le fait qu’il soit ou pas maintenu en détention. Point. Je me suis limité à soulever un ensemble d’éléments complètement omis dans l’article, omissions allant toutes dans le sens de faire de M Ramadan un portrait amélioré.

    Complément publié aujourd’hui :
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-alibi-de-tariq-ramadan-fragilise-24-02-2018-7577175.php#xtor=AD-1481423554
    Ceci reste à confirmer, comme l’écrit l’auteur de l’article  » ni l’itinéraire produit par « Le Muslim Post », ni la réservation fournie par la défense de Tariq Ramadan ne sont des preuves. Seules les réquisitions délivrées par les juges d’instruction permettront de savoir dans quel avion le prédicateur a embarqué. ». Mais là, encore, dans le papier que je commentais ce qu’avaient donné les avocats de M Ramadan était pris pour argent comptant, donc disculpait M Ramadan et – au passage – un petit parfum de complotisme était soulevé.
    Il se pourrait donc bien que les vérifications attendues démontrent qu’il s’agissait d’un alibi fabriqué. En pareille hypothèse il faudra alors se demander pourquoi….


  21. Par Ciel Bleu le 17 février 2018 à 21:52

    Je partage en grande partie votre analyse mais problème vous relevez les incohérences des plaignantes sans relever ceux de Tariq Ramadan par rapport à son discours, les voici:
    – Il reconnaît avoir flirter avec Christelle sur les réseaux sociaux pendant 6 mois
    – il dit l’avoir rencontré dans le hall de l’hôtel
    – Christelle a décrit une cicatrice au niveau de l’aîné qu’il possède bien et qui est indécelable sans un contact rapproché
    – il existe des traces écrites et audio de Tariq Ramadan tenant des propos très crus, très violent et très menaçant
    – Il y a d’autres femmes auditionnées qui décrivent avoir subit ses agissements
    – Il a été condamné en 2007 pour avoir abreuver d’injure une policière à l’aéroport de Roissy
    – Avant son incarcération il semblait en bonne santé, il parcourait le monde et était très actif

    [Répondre]

    réponse de Philippe WILLKOMM

    Et bien, pendez-le alors, où enfermez-le en prison et jetez la clef…
    Ce n’est pas comme ça que la justice fonctionne, monsieur, c’est au procès et aux juges de dire à la fin ce qu’il en est, qui est coupable et qui est innocent, pas a vous. Et en attendant ce moment là, il est présumé innocent et au lieu de ça il est emprisonné en prison haute sécurité a l’isolement avec des terroristes. Quand on vous lit, on lit votre jugement, vous n’avez pas a le juger, ni vous, ni moi, ni personne a l’exception des juges au tribunal et durant le procès!

    Qu’est-ce que c’est ces façons de faire, allez lui jeter des pierres, vous voulez le fouetter aussi peut-être?

    Taisez-vous un peu, un peu de dignité, n’avez-vous plus aucune éthique pour dire ce que vous venez de dire, vous ne pouvez traiter cette affaire depuis internet et depuis ce que des chaines de propagandes médiatiques disent, vous ne pouvez pas, honnêtement parlant, faire ce genre de chose injuste et malsaine. et si vous le faites quand même, vous devrez en assumer les conséquences, tôt ou tard, soyez-en sûr!

    [Répondre]

    réponse de Ciel Bleu

    C’est votre réponse qui est indigne et sans aucune éthique monsieur. Vous me menacez et voulez faire taire toute opinion différente de la votre!

    Je vous explique vu que vous n’avez pas compris mon propos :

    Dans cet article M. Marwan Muhammad fait une analyse de la situation et dépeint les portraits à charge et à décharge des plaignantes mais vous l’aurez remarqué il ne donne de M. Tariq Ramadan que le descriptif de l’homme qu’il connait, sans exposer les faits à charge qui se sont révélés depuis le début de cette histoire. Ce qui n’est pas très équitable et ne permet pas de se faire une idée juste de la situation.

    Comme beaucoup de monde j’ai été choqué de constater que M. Ramadan se permet des actes en privé qu’il réprouve en public, c’est une trahison pour toutes les personne qui le suivent et le soutiennent. Il y a apparemment chez lui une autre facette de sa personnalité pas très brillante qu’il dissimule, personne ne peut donc affirmer le connaitre vraiment.

    Malgré tout à aucun moment je ne dit qu’il est coupable, pour cela c’est à la justice de se prononcer, et si possible sans pression d’aucune sorte, ni acharnement médiatique, politique, … ni soutient de masse et victimisation de la part de ses partisans.

    [Répondre]

    réponse de Sandrine

    Pourrait on saoir quelles sont vos sources d’information s’il vous plait?

    [Répondre]

    réponse de Le Libre Panseur

    – Il reconnaît avoir flirter avec Christelle sur les réseaux sociaux pendant 6 mois –> Flirter. Si votre infos est correcte, de la drague donc. Preuve de viol ?
    – il dit l’avoir rencontré dans le hall de l’hôtel–> Le lendemain.
    – Christelle a décrit une cicatrice au niveau de l’aîné qu’il possède bien et qui est indécelable sans un contact rapproché–> Selon un autre témoignage ( dans le JDD) elle a été incapble de décrire et de situer exactement la cicatrice.
    – il existe des traces écrites et audio de Tariq Ramadan tenant des propos très crus, très violent et très menaçant-> Sont ils authentiques ? Ils sont crus mais pas  » très menacants », c’est un abus de langage.
    – Il y a d’autres femmes auditionnées qui décrivent avoir subit ses agissements–> On attend de voir aussi. Qui sont elles ?
    – Il a été condamné en 2007 pour avoir abreuver d’injure une policière à l’aéroport de Roissy –> Un outrage vis à vis d’un fontionnaire peut être un peut trop zélé.
    – Avant son incarcération il semblait en bonne santé, il parcourait le monde et était très actif—> Peut être avait-il accès à ses médicaments ?

    [Répondre]


  22. Par Samir le 17 février 2018 à 22:37

    Votre texte est mauvais vous n’êtes pas un bon musulman monsieur.

    Il y a un complot ! Tout le monde est contre lui. C’est évident qu’il n’a jamais violé.

    C est les gens comme vous qui ne défendait pas les musulmans qui nous divisent.

    [Répondre]

    réponse de Khalid

    J’ai pour ma part trouvé le texte très bon et conforme à l’éthique islamique.

    Cela dit, je partage votre sentiment que Tariq Ramadan n’a pas fait ce dont on l’accuse ; ce que j’ai lu et entendu de l’homme, la manière dont il est condamné médiatiquement et la nature des personnes qui se positionnent catégoriquement contre lui telle Caroline Fourest me poussent à penser qu’il est innocent, même s’il y a une probabilité que je me trompe.

    Ce que je crois comprendre de ce qu’écrit ici Marwan Muhammad ne me semble pas fort différent de ma position concernant cette question.

    [Répondre]


  23. Par Mentor le 17 février 2018 à 23:18

    assalamu3alayk,

    Bien que je n’ai aucune confiance en la justice de ce pays , et les faits sont suffisants pour le comprendre, je trouve que tu as tout dit , merci pour cet article qui transcende tous les autres à ce sujet et qui sans le vouloir apporte consistance et matière au débat et nous rappelle à quel point le traitement de Tariq Ramadan ressemble étrangement à un règlement de compte sans foi ni loi

    [Répondre]


  24. Par Hamid le 18 février 2018 à 12:54

    A ces injustes on ne peut que dire

    Vous pouvez arracher toutes les fleurs

    Mais

    Vous ne pourrez jamais arrêter
    l’arrivée du printemps

    [Répondre]


  25. Par Rh le 19 février 2018 à 19:13

    Bonjour Merci monsieur votre texte est émouvant, il m’a ému au plus profond de moi même. Il dit tout avec une telle clarté.j ecoute tarek ramadan depuis plus de 15 ans, conférence audio et en direct. Les salles étaient pleines. Tarek nous a appris à être des citoyens français et musulmans à part entière. A avancer de l avant, ne pas baisser la tête, être fier de être musulman et français. Un bon pédagogue qui nous a appris que notre place était ici en France et nulle part ailleurs. Qu on a un rôle à jouer au sein des institutions dans le respect de la loi.l image que les médias et ses opposants font de lui n est pas conforme à tout ce que l on sait de lui depuis des années. Un homme avec un niveau intellectuel de haut niveau qui aime son prochain, qui respecte les femmes irait il uriner sur une femme la frappait et je en passe ???? C’est du nouveau importe quoi !! Ces opposants n ont pas trouver autre chose pour le mettre out quelle bassesse

    [Répondre]


  26. Par Kar le 20 février 2018 à 2:01

    Un souci. Des soucis.
    Merci.
    K.

    [Répondre]


  27. Par rafik le 21 février 2018 à 9:56

    Mr Marwan,

    La vraie question c’est est-ce que Tariq Ramadan a commis l’adultère dans sa forme la plus grave, cad répétée et soutenue, en recherchant le sexe plutot que le marriage a une, voire deux, ou meme trois ou quatre femmes.

    Le viol, c’est grave mais secondaire en la circonstance. Que ses relations sexuelles avec Henda et Christelle soient consenties ou pas, sont graves pour les victimes si elle n’ont pas ete consenties. point.

    Que Tariq soit bien intentionne ou pas dans ses idees est la aussi tout a fait secondaire. On s’en fiche qu’il soit mechant ou gentil.

    Par contre est-ce que Tariq est un fasseq qui a use et desabuse ses victimes la est la vraie question dont il aura a repondre le jour du jugement dernier.

    Pour ma part je pense qu’il est adulterien pour les raisons suivantes:

    1/ les temoignages des etudiantes genevoises, du directeur du college de saussure, des amis des etudiantes, du pretre, du psychatre et du dip sont suffisamment clairs et ciconstancies pour etre vrais. En suisse la justice coute tres cher, et n’a pas interet quiconque a mentir.

    2/ des lettres recommandees et des contacts directes avec la famille de tariq ont ete effectues depuis plusieurs annees deja, par les victimes pour les alerter de ce qu’il faisait.

    3/ l’uoif a egalement ete alertee.

    4/ tout ces gens la l’ont couvert.

    5/ il existe une correspondance dense et accrue, transmise aux enqueteurs, concernant la communication a l’eau de rose entre tariq et ces nombreuses femmes. ce n’etait pas que de la simple « seduction ».

    Tous ces point sont factuels et il n’y a que les aveugles pour pouvoir pretendre a ne pas les voir.

    Mais le pire, ce sont precisement cette operation de « communication » malsaine pour detrourner l’esprit des gens des vraies preuves:

    1/ cette fameuse reservation: c’est assez marrant de realiser apres coup qu’on avait un alibi en beton. en effet, si je suis mis en cause pas une accusation qui est factice, la premiere chose que je brandirait c’est cet alibi en beton qui discrediterait l’accusation. mais non, tariq lui s’est laisse mettre en prison reconnaissant une liaison de le jour meme, mais ce n’est qu’en prison qu’il s’est rappele qu’il avait fait une reservation tardive mais n’apporte pas la preuve qu’il etait dans l’avion a l’heure citee.

    2/ on joue sur ses maladies pour le victimiser et detourner l’attentoin des preuves compromettantes.

    Conclusion: tout ceux qui font mine de ne rien comprendre ou de n’avoir pas assez de preuves pour conclure a sa culpabilite ne seront plus credibles de bon jugements, car le minimum dans ce cas, c’est de dire a tariq que sa couleuvre est trop grosse a avaler, et que si il est un vrai croyant, le moment est venu pour lui de payer sa dette sur terre, puis de s’effacer de la vie publique pour passer le reste de son existence a demander pardon a Dieu des offenses gravissimes qu’il lui a faites.

    Il a sous estime le chatiment de Dieu et c’est la chose la plus grave qui puisse lui arriver que je ne souhaite a aucun de mes ennemis.

    A bon entendeur

    [Répondre]


  28. Par Silence complice le 23 février 2018 à 16:13

    Bonjour,

    Voilà un article résonné et bien réfléchit.

    La vérité finira part resurgir et nous serons à quoi nous en tenir.

    Néanmoins, l’incarcération de M. Ramadan est bien contraire à l’article 144 de la procédure pénale qui définit les conditions de la détention provisoire ; néanmoins la détention provisoire ne peut être ordonné ou prolongé que s’il est démontré, au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure, qu’elle constitue l’unique moyen de parvenir à l’un ou plusieurs des objectifs suivants et ceux-ci ne sauraient être atteints en cas de placement sous contrôle judiciaire ou d’assignation à résidence avec surveillance électronique.

    Il faut se garder d’idée complotisme ou autres idées ahuries, mais l’événement de cette histoire si main du pouvoir il y a, ce qui n’est pas établi, ce serait à mon sens l’expression d’un opportunisme lié aux circonstances comme l’a indiqué maître Régis de Castelnau.

    Silence complice.

    [Répondre]


  29. Par Philippe Morançay le 23 février 2018 à 20:15

    Je me solidarise de cette demande de que Monsieur Tariq Ramadan soit jugé en liberté et manifeste mon indignation pour le traitement partial que la justice et le gros des médias français lui infligent, dont ce texte de Monsieur Marwan Muhammad décrit si bien les mécanismes vicéralement acritiques et irrationnels. Je le fais en tant que « bon français » (avec nom de famille à cédille, c’est pour dire), foncièrement athée et sans aucun lien avec lui, en espérant que ca serve à éviter que quelque baveux conditionné stigmatise la solidarité qu’il reçoit en l’attribuant à « l’islam militant » et à des dignitaires musulmans comme je viens de le lire dans un article de la Dépêche du Midi publié aujourd’hui 23.02.2018.

    [Répondre]

    réponse de rafik

    Mr Morancay,

    Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Pour vous, qui vous pretendez athee, et qui etes probablement contre le systeme, du fait des deboires de Dieudonne et de Soral, peut-etre, Tariq Ramadan subirait la meme machination, orchestree par un complot sioniste.

    Mais en realite, les « baveux » que nous sommes, comme vous dites, ne sont pas dupes, et se fichent vraiment de ce qu’il y ait complot ou pas.

    La question principale est la question de l’adultere presume de TR. Cela fait des annees que des femmes essayent de temoigner de relations intimes qu’elles auraient eu avec TR. Mais elles toutes etaient rejetees par les masses musulmanes qui refusaient de croire a cette « ignominie » de TR. Donc tous ces temoignages de relations consenties etasient restees au stade de rumeurs.

    Mais ces accusations de viols sont un coup dur pour TR mais en meme temps une aubaine pour toutes ces femmes qui voulaient temoigner de la duplicite du personnage.

    Et aujourd’hui, c’est son niveau d’ethique qui est juge notamment si il est coupable, va-t-il s’excuser?

    La credibilite de tous ces responsables d’associations musulmanes, et les musulmans eux-meme qui le suivent engagent leur credibilite a vouloir soutenir maladroitement un delinquant sexuel probable?

    Mais il faut se dire aussi, que si il est encore detenu provisoirement, c’est probalbement a cause de mouvement de soutien qui a fait peur aux juges. En effet, une vague de soutien s’est constutuee (ou a ete constituee et financee par qui?) alors qu’il est en prison, qu’en serait-il pour le spistes de l’enquete si il a vait ete libre de ses mouvements?

    Aujourd’dui cette detention est entrain de payer, puisque une parite de l’UJM ne veut plus couvrir TR et des elements compromettant on fuite hier qui montrent que TR est un menteur sans scrupules, et qui fait tout pour cacher les elements compromettant de sa culpabilite.

    Sa defense veut mettre en faire un detenu d’opinion, mais ils ne pourraint rien y faire car il sera juge pour viols et non pas pour un quelconque delit politique. Et pour cela je dois dire que les enqueteurs francais quand ils font leur travail ils reussissent tout.

    [Répondre]


  30. Par aydin le 1 mars 2018 à 16:48

    Selam et bonjour,

    Viendra la nuit jetant le tout dans ses entrailles… Mais, la
    nuit ne tombe sur un peuple sans qu’en lui ne se distinguent ses
    étoiles.

    Elle vient de tomber et avec elle beaucoup d’hommes et de femmes…
    La haine dans toute sa piété ! Celle que le diable ce pécheur de sang autrefois connu sous le nom d’Iblis mais aujourd’hui connu sous le nom de Média, de politique, de justice d’exception selon d’où vous venez.

    On a jugé un homme avant l’heure où dans l’ombre de ce qu’on lui reproche se dessinent ces fantômes aux milles joies et une phobie; l’Islam !

    Et bien messieurs les juges, messieurs les politiques, messieurs les médias, vous ne faites que porter la main sur une étoile ! Celle qui du nom de Tariq, comme cela fut le cas avec un certain Dreyffus que vous n’arrivait plus à oublier. Et bien d’autres enterrés dans l’histoire.

    Ceci dit, merci à Marwan pour son texte au contour bien posé, aux mots bien pesé, ne penchant ni d’un coté ni de l’autre si ce n’est de celui de la justice et de la vérité.
    j’espère vivement que de cette affaire la justice s’en sortira la tête haute et Tariq avec… mais vivant!

    [Répondre]


  31. Par Zahra-Mee Sarriette le 3 mars 2018 à 23:29

    à Marwan Muhammad

    Comme beaucoup d’autres, je vous remercie pour ce propos équilibré.

    Il me semble que vous vous sentiriez encore plus fondé à demander la libération de Tariq Ramadan si vous aviez lu aussi l’interview de Christelle par C. Fourest, qui a paru dans le n°1080 de Marianne (du 24 au 30 septembre 2017). À comparer avec ses déclarations à Vanity Fair et ailleurs, puisque nous ne connaîtrons certainement jamais le véritable contenu de la plainte qu’elle a déposée. En essayant de remettre tout ça dans l’ordre chronologique.

    [Répondre]