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“Mariage rebeu” 2 : Le triomphe des apparences

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Qui a dit qu’un mariage devait être un simulacre de richesse et d’hédonisme ?

Qui a dit qu’il fallait sacrifier l’authenticité et la simplicité des liens familiaux pour satisfaire à la surenchère des discussions ostentatoires post-maritales entre mamans cherchant à vivre un bonheur matériel par procuration ?

Qui a dit que l’honneur d’une famille devait se mesurer au nombre de voitures dans le cortège des mariés ?

Qui a dit que le jour le plus important dans la vie d’un couple devait leur être confisqué et les confiner à un rôle d’acteurs au sourire tiré, aussi sincère que celui qu’affichent les mariés en plastique trônant sur la pièce montée ?

Personne. Pourtant on le fait, sans jamais remettre en question le sens même donné à cet évènement.

 

Zoom sur Jamila, fille plutôt sympa avec un cœur gros comme ça. Elle travaille comme chef d’équipe pour une grande entreprise de téléphonie. Dans son appartement, des grosses boîtes pleines de photos, qu’elle ouvre de temps en temps quand elle a un coup de blues. On y trouve des vacances au bled, des délires entre copines et quelques photos de classe, moments retranscrits en deux dimensions sur des clichés mal cadrés, qui lui rappellent à quel point le temps s’échappe à toute vitesse sans jamais revenir. Elle est toujours disponible pour aider les autres, rappelle quand elle trouve des messages sur son répondeur et partage sur Facebook des petites pensées gentilles qui ne prêtent pas à conséquence.

C’est Jamila qui console ses collègues de toutes sortes de problèmes dont la futilité ne leur apparaît pas immédiatement, de l’embrouille conjugale pour cause de divergences sur le programme télé à la dépression chronique suivant inéluctablement chaque régime raté, entre deux mouchoirs près de la machine à café.

C’est également elle qui participe à des maraudes et des distributions de repas aussi souvent que son planning le lui permet, un sourire sur le visage face aux démunis pour cacher la tristesse de son cœur et faire comme si tout allait bien.

C’est enfin elle qui se retrouve ce samedi matin face à une autre en se regardant dans le miroir, petite fille devenue grande, déguisée en princesse de plastique. Faux teint et faux ongles, fausses mèches et fausses notes, la voici devenue actrice d’une histoire donnant le premier rôle aux figurants.

crédit Xavier Navarro

Ses escarpins blancs sont posés à côté de ses baskets, tandis qu’autour d’elle on s’affaire à la coiffer et à la maquiller, une expression dont on oublie souvent de rappeler qu’elle consiste, au sens propre, à faire œuvre de dissimulation. Bien sûr, lors de discussions précédentes sur le sujet, certaines de ses copines disaient que c’était bien de rester « naturelle » (sans que ce conseil ne fût en aucune circonstance appliqué à l’une d’entre elles), tandis que d’autres rappelaient qu’il « n’y a pas de mal à se faire belle, surtout un jour de mariage… », laissant Jamila se livrer à quelques divagations intérieures sur ce que sont la beauté, les codes de la séduction et les petites hypocrisies qui en découlent.

 

Pendant ce temps là, Jamel se pose des questions tout aussi importantes, en cherchant à savoir, lors d’un conciliabule improvisé en bas de chez lui, s’il vaut mieux monter dans la Porsche Cayenne blanche louée à grands frais par Samir pour faire plaisir ou dans la voiture de son papa. Dans des costumes brillants, transpirant au soleil, les hommes tentent de prendre un air détaché pour commenter les cylindrées d’automobiles qu’ils observent habituellement sur l’écran télévisé trônant comme un autel au centre de leur salon. Les uns tentent d’établir un ordre rationnel dans le cortège, les autres se demandent combien de kilomètres peuvent être couverts par un V8 de 4,2 litres de cylindrée avec 20 euros d’essence (bah oui, parce qu’on a tout claqué dans la location de la bagnole…), tandis que déjà sur le parking, les autoradios blastent des airs de raï et de r’n’b qui tourneront en boucle jusqu’à ce qu’un tonton finisse par demander, pour la 20ème fois de la matinée, à ce que l’on baisse le son parce qu’il arrive pas à comprendre ce que ‘Ammi Farid dit au téléphone, lui même perdu à deux pâtés de maison et cherchant son chemin, se plaignant furieusement que “tiens, ya sûrement un autre mariage dans le coin parce que j’entend d’ici de la musique de sauvages à fond qui casse la tête”…

A 712 mètres de là (à vol d’oiseau), Jamila se refait le film en marche arrière. Elle a des flashs mémoire, comme ce garçon qu’on lui avait présenté lors d’un dîner très convenu il y a quelques années, un certain Supermuslim, qui lui avait fait littéralement passer un entretien d’embauche en revendiquant des valeurs islamiques, devant le plat de résistance et en présence des amis, pour finalement la recaler le lendemain matin par SMS pour incompatibilité (physique, va sans dire…). Il y avait aussi eu sa copine, Mythogirl, qui passait son temps à dire que les sentiments c’est important, pour finalement s’offrir à un trader à 2 mois d’un bonus à 7 chiffres, après avoir boycotté tous les candidats au mariage qui avaient moins de bac+7 et dont le véhicule n’occasionnait pas un malus écologique supérieur au déficit du Botswana, dont on notera que la croissance est par ailleurs fortement corrélée au dit bonus. Allez savoir pourquoi…

En fait, si on faisait le portait robot du mari idéal d’après ces dames, on remarquerait qu’il doit :

  • être beau mais surtout à l’intérieur (sic)
  • être suffisamment intelligent pour lui faire la conversation mais pas trop histoire que Madame ne soit pas prise en défaut,
  • être galant mais pas macho : donc lui ouvrir la porte, réparer la voiture et l’inviter au restaurant, oui, mais ne surtout pas penser qu’il existe un rôle légitime pour les femmes et les hommes,
  • s’intéresser à ce qu’elle fait mais lui laisser son jardin secret, donc apprendre par cœur les questions qui lui font plaisir et s’en tenir strictement à cette liste,
  • avoir un travail qui paye et de grosses responsabilités mais toujours être disponible pour l’écouter une heure au téléphone chercher, en temps réel et de façon collégiale, des solutions aux inextricables problèmes de ses copines,
  • protéger leur vie de couple et leur intimité mais accepter l’ingérence hebdomadaire de belle-maman dans toutes les décisions possibles du ménage, ce qui inclut l’indicible plaisir de découvrir lors d’un repas de famille que la tante Hassina suit en temps réel le cycle hormonal de Madame et se demande pourquoi, Ô désespoir, une si digne famille n’a pas encore été honorée d’un héritier mâle… (là dessus, le gars bondit sur elle et l’assassine sauvagement à coup de théière, est arrêté pour violences aggravées et se retrouve à la Une du journal sous le très journalistique titre : « Le Choc : Un homme d’origine maghrébine massacre la tante Hassina. Les enquêteurs n’excluent pas la piste islamiste… »)
  • la soutenir si elle choisit d’être maman au foyer mais l’encourager si elle décide de ne pas l’être, sans jamais se plaindre sous peine de passer pour un macho misogyne sans le moindre respect pour son ambition personnelle, ce qui aurait déjà dû occasionner la disqualification du candidat,
  • être romantique, ce qui revient, lors de ses épanchements émotionnels (parfaitement légitimes au demeurant), à la conforter dans une sorte de catharsis du sentiment exprimé en répétant/reformulant son propos :

Elle : Je sais pas ce que j’ai. J’ai l’impression de tout le temps avoir envie de pleurer en ce moment. Pourtant tout va bien…

Lui : Je vois exactement ce que tu veux dire. Tu te sens très émotive ces derniers jours et ton cœur est mis à rude épreuve, c’est ça ?

Elle : Complètement !!! C’est incroyable comme tu me comprends… j’ai tellement de chance de t’avoir.

Lui : CQFD. On peut jouer à WWF Smackdown maintenant ?

  • être gentil mais pas trop, fort mais pas trop, protecteur mais pas trop, musulman mais pas trop, arabe mais pas trop, engagé mais pas trop, conciliant mais pas trop, drôle mais pas trop, sentimental mais pas trop, avoir des amis mais pas trop…

A lire cette description, qui dresse en effet le portrait d’un robot façonné de toutes pièces plutôt que celui d’un homme de chair, on se dit que beaucoup de femmes risquent d’avoir à gérer une certaine déception face à la réalité de ce que sont les hommes, à savoir de simples êtres humains pétris de défauts.

 

Du côté des hommes, on ne fait pas beaucoup mieux, même si les critères semblent plus simples, la gent masculine étant pour son salut plus primaire dans ses besoins et ses envies. L’épouse idéale a pourtant elle aussi du chemin à parcourir. Elle doit :

 

  • Etre belle, ce qui du côté des hommes revient souvent à dire qu’elle a la plastique généreuse. Bien sûr tout le monde s’en défend, même si ce mensonge est tellement vrai qu’on continue à prôner pour les femmes le discours du mérite tout en maintenant à leur égard les attitudes les plus sexistes : il suffit d’allumer la télévision pour voir en vérité ce que l’on attend des femmes : être des objets de séduction et des faire-valoir pour une gamme de produits allant de l’automobile au yaourt en passant par les informations, à moins que toutes ces présentatrices mannequins qu’on nous impose au 20h aient été majors de leur promo en école de journalisme…
  • Mettre son mari sur un piédestal, le féliciter quelle que soit sa décision et se rappeler chaque matin à quel point elle est chanceuse d’avoir un époux si parfait, si beau, si intelligent, si drôle, etc. Penser à le lui répéter toutes les 15 minutes en variant l’ordre.
  • Ne jamais critiquer sa voiture, ni sa couleur ni les pathétiques autocollants dont il s’est appliqué à décorer le coffre et, lorsqu’elle tombe en panne, c’est à dire chaque lendemain de match de football (télévisé), ne surtout pas se moquer de ses aptitudes à la mécanique,
  • Surtout ne jamais entamer une conversation sérieuse lorsqu’il est au volant dans un embouteillage. Ne jamais proposer un itinéraire bis ni faire allusion à la factuelle défaillance de son sens de l’orientation,
  • Cuisiner en ayant l’air passionnée. Pour avoir un mari toujours satisfait, respecter strictement la formule PVPP : Pain Viande Patates Pâtes. Alterner et faire des combinaisons (PPPV, PPVP, VVVP, etc…). La mémoire vive de l’homme étant de moins de 24 heures, on peut sans trop de difficultés lui servir le même plat toute la semaine en lui donnant un nom différent,
  • Faire le ménage en talons aiguille et se réveiller sans cernes et les cheveux coiffés, sans bien sûr excéder les 5 minutes réglementaires dans la salle de bain,
  • Eduquer les enfants en lui donnant l’illusion qu’il y contribue de façon décisive, dire que c’est grâce à lui lors des repas de famille avec ses parents,
  • Ne jamais se plaindre, ne jamais tenter d’avoir une conversation sentimentale, interpréter les silences comme des compliments, les reproches comme des suggestions, les absences comme des répits, les manquements comme des oublis…

Alors oui, je sais, Superman et Wonder Woman semblent avoir quelques problèmes pratiques à se rencontrer, pourtant beaucoup de candidat(e)s au mariage ne se rendent pas compte des exigences impossibles qu’ils formulent dans la recherche de leur conjoint et vont de discussions en déceptions, face à une inéluctable vérité : Superman pue des pieds (et les collants bleus, ça craint…).


Pendant ce temps là, Jamila est vite ramenée à la réalité par la negafa : c’est l’heure.

C’est quoi une negafa ? Une femme embauchée pour veiller au respect du protocole. Quel protocole ? Celui qui nécessite son existence, le plus fastueux et le plus cérémonieux possible. La negafa explique comment il faut s’habiller, comment il faut marcher, comment il faut parler et comment il faut sourire. Et là, elle explique à Jamila comment il faut descendre les escaliers quand Jamel viendra la chercher auprès de ses parents.

Les klaxons et la musique se rapprochent comme un bruit de fond qui vient finalement assiéger l’immeuble de ses parents. Ses mains tremblent et les chaussures ne sont pas très confortables mais, pour l’instant, c’est le regard de sa maman qui occupe le cœur de Jamila.

Comment laisser partir une enfant qu’on a tant chérie, tant aimée, tant protégée ? Voilà qu’en quelques secondes, on réalise toute la gravité d’une séparation, même si bien sûr Jamila viendra souvent les voir. Il y a tant de choses qui se passent pendant ces quelques secondes dans le cœur de l’une comme de l’autre, mais il n’y a pas le temps de se dire grand chose, ni de bouton « pause » pour s’échapper un moment et se retrouver juste toutes les deux.

Jamel est à la porte, les youyous se font entendre.

Les gestes s’enchaînent.

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“Mariage rebeu” 1 : Paradoxes et contre-sens

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Avertissement : tous les personnages cités dans cette série sont totalement fictifs. Toute ressemblance avec la réalité serait purement fortuite, sauf pour la tante Hassina que vous avez tous sûrement déjà rencontrée…

 

C’est censé être le plus beau jour de ta vie, mais ce qui te préoccupe, là tout de suite, c’est l’arrangement symétrique post-structuré de ta coupe de cheveux. Il y a des jours comme ça où l’on ne sait plus trop ce qu’on fait. Ni pourquoi, ni comment.

Le mariage est une institution, parfois un sacre. Qu’on soit, chrétien, juif ou musulman, l’idée qu’un homme et une femme s’unissent pour la vie devant Dieu sacralise la construction de la famille, donne une réalité sociale et juridique à un sentiment d’une beauté et d’une force indescriptibles : l’amour. Sincère.

Pour d’autres, l’idée du mariage est totalement caduque, désuète comme ces clichés des temps passés où la fidélité, la morale et le bon comportement étaient encore des espoirs réalistes, aujourd’hui désespoirs idéalistes.

On trouve ainsi des mariages pour optimisation fiscale, d’autres encore pour l’image de marque qui sied à la clientèle cible de l’entreprise que l’on dirige, les uns s’alliant aux autres, dans une union de convenance pré-approuvée par l’assemblée des actionnaires.

Viendra peut être un temps où l’on cherchera un conjoint comme on cherche un appartement. Il faudra présenter ses fiches de paye, un RIB et un garant. On signera un bail 3/6/9 devant notaire, prolongeable par tacite reconduction. Il n’y aura plus d’embrouilles conjugales. Il n’y aura plus de problèmes, plus de colère, plus de tristesse. Il n’y aura que des sujets, dont on optimisera la résolution lors de réunions conjugales hebdomadaires. Ce sera le progrès.

D’ici là, le mariage est et reste un morceau de vie, avec ses hauts et ses bas, ses rires et ses larmes, ses cassures, ses blessures et ses moments de bonheur rayonnant.

Ayant eu la chance de me marier assez tôt et sans que ce soit trop compliqué, j’ai découvert le « protocole du mariage » et ses codes surtout au travers des cérémonies et fêtes auxquelles j’ai été invité. J’ai eu l’occasion de voir des mariages japonais, des cérémonies oecuméniques, bouddhiques et chrétiennes, des rituels turcs, des unions laïques libres et beaucoup de « mariages rebeus » (expression consacrée pour qualifier les mariages entre personnes maghrébines vivant en France).

J’ai gardé pendant des années mes observations jusqu’au jour où, en voyant deux mamans algériennes danser nonchalamment sur Like a Virgin de Madonna en attendant la cérémonie du henné, je me suis dit qu’il y avait comme un léger décalage entre la volonté plus ou moins affirmée de se référer d’une part à l’islam ou à une tradition culturelle et, de l’autre, la façon de célébrer les mariages dans nombre de familles maghrébines de France.

Mieux vaut en rire.

« Mariage rebeu » : opération commerciale montée de toute pièce s’achevant par une pièce montée… qui te fait rouler dans la voiture que tu n’as pas, porter le costume que tu n’as pas, payé avec l’argent que tu n’as pas mais c’est pas grave parce qu’il faut que ça brille.

Mais revenons un peu en arrière, rembobinez la cassette. Disons que les parents des deux parties viennent de tomber d’accord à propos du projet. C’est déjà un évènement en soi : les parents de Jamila ont finalement accepté l’idée du mariage, même si le code génétique de Jamel n’est qu’à 98% compatible avec celui des ressortissants de leur village.

Commence alors un ballet diplomatique de haut vol dans la préparation de l’évènement et la sélection géostratégique des invités.

Il faut absolument inviter la tante Hassina, marieuse et bavarde qui autrement risquerait de décrier l’ensemble de la famille en les plaignant d’être tombés dans la pauvreté, seule raison plausible qui justifierait qu’elle n’ait pas été dûment conviée.

Par contre, hors de question de donner une place à la famille du cousin Miloud, qui a fait des embrouilles au dernier mariage et s’était pointé avec son mécanicien qui venait de le dépanner 3 heures auparavant.

Ménager les susceptibilités, honorer les alliances tacites, évaluer le risque de réputation inversement proportionnel à la somme totale dépensée. Lancer une stratégie de marketing viral en répandant la nouvelle auprès des plus indiscrètes amies de la famille, qui déjà s’activent à médire ou à encenser les mariés en fonction du rôle de choix qui leur a été accordé dans la cérémonie.

Tout le monde sourit et tout le monde commente, expert(e) autoproclamé(e) ès mariage rebeu, les détails de l’organisation, la date qui ne s’accorde pas à la météo, les faire-part dont la couleur laisse à désirer, la famille de Jamila dont le rang social inférieur dans la classification aristocratique du bled menace le couple avant même qu’il ne soit.

Entre les papas, la conversation bat son plein sur l’excellence du réseau autoroutier nouvellement étendu entre Oujda et Taourirt, entre Alger et Sétif, entre Tunis et Tataouine, tandis qu’une guerre de tranchée fait rage entre les mamans, tout en petites phrases assassines pour tenter de faire imposer chacune sa vision du protocole de mariage.

Choix de la salle, choix de la robe, choix du traiteur, choix de la voiture, choix des alliances, choix du voyage de noces. Choisir ce que l’on va payer plutôt que ce que l’on voudrait vivre.

En général, les espoirs et les attentes des mariés arrivent loin derrière les apparences qu’il faut sauvegarder. Peu importe si on vit dans un HLM pendant 30 ans si on peut, ne serait-ce qu’une journée, vivre la vie dorée, même à crédit.

Jamel et Jamila se retrouvent obligés de composer entre ce qu’ils voudraient faire et ce qu’il faut (apparemment) faire, fruit d’une culture de l’apparat construite de toute pièce, non-questionnable et profondément ancrée dans l’imaginaire collectif franco-maghrébin, parfois à des années lumières de toute tradition islamique.

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