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Voyage au Pays du soleil levant

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Découvrez une nouvelle série de photos commentées réalisées par l’équipe FoulExpress.

Cette semaine, j’ai choisi de vous faire découvrir quelques images du Japon, prises quelques jours avant le tremblement de terre qui a provoqué le drame de Fukushima. Le Japon est (et reste) un pays merveilleux, avec des paysages d’une beauté à couper le souffle et un peuple d’une grande richesse et d’une grande ouverture, pour peu que l’on sache les écouter et les comprendre.

 

Shibuya

CR : Marwan Muhammad

Voici la place centrale de Shibuya, le quartier qu’on voit souvent dans les jeux vidéos où les passages piétons se croisent dans tous les sens. Des milliers de personnes traversent ce carrefour toutes les 60 secondes.

 

Shinjuku

CR : Marwan Muhammad

Cet homme vient à Shinjuku tous les soirs en sortant du bureau. Dans une société en perpétuel mouvement, il a choisi de protester en se tenant debout au même endroit, immobile au milieu des millions de voyageurs qui traversent la gare de Shinjuku chaque jour.

 

Fukushima

CR : Marwan Muhammad

Cette photo est celle d’un temple qui n’ouvre ses portes qu’une fois tous les 30 ans. Il siège sur une île qui a été ravagée quelques jours plus tard, à quelques minutes de… Fukushima.

 

Roppongi

CR : Marwan Muhammad

Tokyo est l’une des plus grande villes du monde. On y est de fait inconnus les uns aux autres. Cette photo montre l’atmosphère impersonnelle qui règne parfois dans le métro, un éclairage glacé dans une ville qui ne l’est pourtant pas.

 

Odaiba

CR : Marwan Muhammad

Croyez-le ou non mais ceci est un lustre dans un centre commercial. En le prenant de cette façon, on oublierait presque où l’on se trouve: au milieu de Venus Fort, un immense mall au style italien construit sur l’île d’Odaiba près de Tokyo.

 

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Sauve la nature, roule en Fiat 131

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CR : FurLined/Flickr

 

Cette semaine, j’ai piraté la rubrique publicitaire de Wahiba pour te présenter, cher lecteur, l’un de mes spots préférés. Tu cliques et tu découvres ce qu’il convient de qualifier de monstre de la route : l’unique Fiat 131 ainsi que son conducteur, le non moins unique Bob Keno. Savoure ce bruit d’un moteur sans pot catalytique, sans filtre anti-émissions de CO2, ces sièges sans airbags, ce châssis sans anti-patinage, sans ABS, sans correcteur d’assiette, sans rectificateur de trajectoire et sans détecteur de pluie.

Bref, la voiture essentielle.

Quatre pneus, un volant et un gros moteur, vestige d’une époque où l’automobile était perçue comme un outil de conquête de l’environnement, un instrument de la virilité.

C’est d’ailleurs pour cela que Bob est là. Tu noteras que Bob n’est pas un explorateur de la nuance. On veut montrer que la Fiat 131 est une voiture de bonhomme qui fait vroum vroum, crache de la fumée et éclabousse les piétons. Bob ne doute jamais, sauf à 1 minute 20 secondes, quand d’un geste pas surjoué du tout, il essuie dignement cette petite goutte de sueur que seul l’homme aux prises avec le risque connaît, quand il chancelle aux frontières de ses limites avant de calmer le jeu, d’un geste maîtrisé.

Si cette publicité est construite de cette façon, c’est que la voiture (et la monture de manière générale) a toujours été un marqueur socio-économique puissant, perçue comme un instrument de liberté qui permet, comme le cheval ou le chameau, de maîtriser la distance, d’explorer ce dont nos capacités physiques limitées nous privent. Avoir une voiture puissante, c’est aussi parfois une façon de vivre sa masculinité par procuration, comme si on pouvait construire une identité à partir de ce que l’on possède.

Rappelons aussi qu’au cours du siècle passé, la voiture est passée par des changements technologiques et sociaux de grande ampleur. Qui se rappelle aujourd’hui que les premières automobiles à essences étaient perçues comme une révolution écologique à la fin du 19ème siècle ? Elles venaient libérer les villes de l’insupportable présence des chevaux…et de leurs déjections. Les grandes villes étaient infestées de mouches et on construisait des immeubles toujours plus haut pour échapper (aussi) aux puanteurs des trottoirs. Il n’était pas envisageable de “se balader en ville” et il suffisait qu’un cheval meurt dans la rue pour que la circulation soit paralysée. Que fait-on pour déplacer un cheval sans grue, sans treuil, sans tracteur, sans mécanique ? Tu veux vraiment savoir la réponse? On le découpe ou on le laisse pourrir sur le bord de la rue.

C’est ainsi que la voiture est venue sauver les villes d’une pollution insoutenable. Une véritable révolution verte.

Quel chemin parcouru avant de retrouver Bob au volant de sa Fiat 131 virevoltant dans la brousse, comme un peu pressé d’arriver à l’heure pour regardez Dallas…

Mon humble avis?

Cette pub peut paraître drôle et anachronique dans sa forme mais elle n’a jamais été autant d’actualité dans son idée fondatrice : l’homme “moderne” construit son identité et sa masculinité par l’acquisition d’objets de puissance. La voiture en fait partie, au même titre que les armes, les téléphones, les montres, etc.

Aujourd’hui, les objets et les codes de communication sont différents mais les réflexes demeurent les mêmes. Reste à savoir, parmi les objets qui nous entourent, quels sont ceux que nous possédons et quels sont ceux qui nous possèdent.

CR : Basic Transporter/Flickr

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Sandra, Kitty, Oussama et autres fables sur l’altruisme, l’amour et les bons sentiments (3/4)

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Dans les premier et second volets de ce dossier, nous avons pu découvrir quelques-uns des mécanismes de l’empathie en étudiant les circonstances du meurtre de Kitty Genovese, ainsi que les recherches qui en ont découlé.

 

L’un des aspects les plus intéressant de cette étude, c’est la manière dont l’histoire de ce meurtre, au sens narratif du terme, a influencé la manière dont on perçoit l’empathie dans les sociétés modernes. Pour être clair, on voit bien qu’il y a quelque chose de gravé en nous au moment où on prononce la phrase :

« Kitty Genovese a été assassinée sous les yeux de 38 voisins qui n’ont rien fait pour l’aider ».

Quoi qu’on dise après ça, quelle que soit l’étendue des preuves qui viennent mettre en cause cette version des faits, quelque chose de profond reste gravé en nous quant à ce qui s’est passé cette nuit là. Quelque chose qui fait écho à un sentiment que nous avons tous : les sociétés modernes dégradent le lien social.

C’est la puissance de l’histoire d’un groupe d’hommes et de femmes indifférents à la souffrance d’une innocente qui nous interpelle de manière indélébile, émotionnelle, primaire.

Quoi de plus fort qu’une histoire pour marquer les cœurs ?

Celle-ci est violente, sanglante. Elle nous interpelle dans notre humanité et polarise notre frustration contre ceux qu’elle met en position de complicité dans le meurtre de Genovese : les témoins.

Cette emprise de la narration sur le cœur au delà de la raison a un nom : le story telling.

C’est un procédé que presque toutes les personnalités politiques utilisent aujourd’hui. Pourquoi analyser les faits et argumenter, alors qu’on peut raconter une jolie histoire qui va jouer sur les sentiments des gens. On utilise ainsi l’amour, la peur et la jalousie comme les déclencheurs d’une prise de position politique.

On parle d’insécurité pour déclencher le réflexe défensif des téléspectateurs et les convaincre d’adhérer à une politique sécuritaire qui vient restreindre leurs libertés.

On utilise le registre de la séduction et le champ sémantique amoureux pour convoquer chez les citoyens une charge émotionnelle positive qui donne un surplus de sympathie à celui qui parle.

On instrumentalise le drame des familles brûlées Boulevard Vincent Auriol pour légitimer la répression et la traque des immigrés non-régularisés dans les rues de Paris en racontant une fable de responsabilité.

On voit donc, à travers ces exemples, que l’histoire qui est racontée, dans sa narration et dans les émotions qu’elle suscite, dispose d’une puissance au moins aussi grande que les faits.

Pas convaincus ?

Pourquoi les Haïtiens sinistrés sont plus dignes de l’aide humanitaire française que les Pakistanais inondés ?

Proposition de réponse : parce que les histoires qu’on raconte à propos des Pakistanais les rendent moins proches à nos yeux, diminuant ainsi notre sentiment d’empathie à leur égard. On parle d’eux comme des embrigadés, servant de camp de réserve aux Talibans, arriérés et complices, avérés ou non, du meurtre de Benazir Bhutto ou de Taslima Nasreen, toutes deux icônes de la liberté, dans l’acception occidentale du terme.

Pourquoi la peine de mort sans jugement est-elle acceptable dans le cas d’Oussama Ben Laden ? Pourquoi les dirigeants du monde libre clament à qui veut l’entendre que « justice est faite » parce qu’une équipe d’assassins est partie chercher vengeance contre un homme dont le meurtre fera vivre la mémoire plus longtemps que leur carrière politique ?

Proposition de réponse: parce que dans toutes les histoires il faut un méchant. Oussama Ben Laden a toujours été parfait pour ce casting, peu importe les 25 années d’engagement pour la liberté des peuples qui ont jalonné son parcours, des montagnes d’Afghanistan aux côtés des mudjahidins contre l’armée soviétique à la constructions de routes pour les enclaves du Soudan, avant cette triste matinée de Septembre 2001.

Robert Fisk, du quotidien britannique The Independent, le seul journaliste a l’avoir maintes fois interviewé, livre un portrait détonnant de Ben Laden dans son œuvre majeure, « The Great War for Civilisation ». Fisk raconte ainsi une histoire bien différente à propos du grand méchant, mais bon… il doit avoir un parti pris, ce n’est jamais que le meilleur reporter de guerre des 30 dernières années après tout et NON, décidément NON, il n’a pas préfacé le dernier livre de BHL.

Et si on ne jubile pas à l’assassinat d’Oussama Ben Laden en sautant et en criant « USA, USA, USA !!! », porte-t-on atteinte à la sécurité nationale ?

Si cet assassinat aussi politique qu’électoral, sans la moindre forme de procès, constitue la « justice », les centaines de milliers de victimes collatérales des guerres en Irak et en Afghanistan peuvent-elles venir chercher vengeance contre Messieurs Obama et Sarkozy puis invoquer cette même « justice » pour se justifier ?

On voit ainsi que l’empathie est à géométrie variable. Elle s’arrange bien des principes universels dès lors qu’elle trouve une histoire pour se raconter. Et au bout du compte, nous les hommes, que sommes nous sans nos histoires ?

Pas grand-chose au fond, si on se contente de vivre pour se raconter.

 

A suivre…

 

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